Budget 2027 : jusqu’à 430 euros d’impôts en plus pour les retraités avec l’abattement réduit
Le gouvernement remet le couvert. Pour la troisième année consécutive, l’exécutif veut modifier l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités sur leurs pensions, selon RMC. Cette fois, pas question de supprimer l’avantage, mais...
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Le gouvernement remet le couvert. Pour la troisième année consécutive, l’exécutif veut modifier l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités sur leurs pensions, selon RMC. Cette fois, pas question de supprimer l’avantage, mais de resserrer son plafond. Reste à savoir qui sera vraiment touché, et pour combien.
Le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre par Sébastien Lecornu, prévoit de faire passer le plafond de cet abattement de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal. Un chiffre différent des précédentes tentatives : en 2025 et 2026, le gouvernement avait tenté d’imposer un forfait fixe de 2 000 euros pour une personne seule et 4 000 euros pour un couple, avant de reculer face à la fronde causementaire.
Qui est concerné par cette réforme de l’abattement fiscal des retraités ?
Cet abattement de 10%, instauré en 1978, s’applique automatiquement sur les pensions déclarées, un peu comme celui dont profitent les salariés sur leurs revenus d’activité. Il avait été créé pour compenser la baisse de niveau de vie liée au passage à la retraite et des frais de santé souvent plus élevés avec l’âge.
Concrètement, seuls les retraités dont 10% de leur pension annuelle dépasse déjà 3 000 euros seraient impactés, soit ceux qui touchent plus de 30 000 euros de pension imposable par an, environ 2 500 euros par mois. En dessous de ce seuil, l’abattement reste intégralement appliqué et rien ne change pour le contribuable. La réforme cible donc avant tout les retraites les plus confortables.
Combien ça représente en euros sonnants et trébuchants ?
Prenons un exemple simple. Un retraité seul qui perçoit 50 000 euros de pension imposable par an bénéficie aujourd’hui d’un abattement plafonné à 4 439 euros, ce qui ramène son revenu imposable à 45 561 euros. Avec le nouveau plafond à 3 000 euros, ce même revenu imposable grimperait à 47 000 euros, soit 1 439 euros de base taxable supplémentaire.
L’addition finale dépend ensuite de la tranche marginale d’imposition de chacun. Pour un contribuable imposé à 30%, cela se traduirait par environ 430 euros d’impôt supplémentaire sur l’année, soit un peu plus de 35 euros par mois. Pour une tranche à 41%, la note grimperait encore, autour de 590 euros annuels.
Ce projet est-il plus clément que celui de l’an dernier ?
Sur le papier, oui, du moins pour les retraités aux pensions moyennes. Le forfait de 2 000 euros envisagé l’année dernière pour une personne seule aurait touché un public bien plus large, y compris des foyers aux revenus modestes. Le nouveau plafond à 3 000 euros, lui, épargne les retraités dont la pension annuelle reste sous les 30 000 euros, ce qui limite l’impact aux foyers les plus aisés.
Reste que cette mesure doit encore passer l’épreuve des débats causementaires, où les tentatives précédentes ont systématiquement été retoquées. Les partis restant globalement frileux à l’idée de fâcher l’électorat retraité, rien ne garantit que cette troisième version du texte survive telle quelle jusqu’au vote final du budget.