Énergie : les agents EDF et Engie en grève pour un « tarif agent » à 700 millions d’euros
Coupures de courant, sites bloqués, mobilisation massive attendue : les électriciens et gaziers français battent le pavé ce mardi pour défendre leur « tarif agent », selon Sud Ouest. Cet avantage historique, qui permet aux salariés du secteur...
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Coupures de courant, sites bloqués, mobilisation massive attendue : les électriciens et gaziers français battent le pavé ce mardi pour défendre leur « tarif agent », selon Sud Ouest. Cet avantage historique, qui permet aux salariés du secteur de payer leur électricité et leur gaz bien moins cher que le grand public, est dans le viseur du gouvernement.
En cause : un rapport de la Cour des comptes publié mi-juillet, qui pointe du doigt un dispositif jugé trop coûteux et pas assez encadré. L’exécutif aurait reçu une mise en demeure pour se conformer aux règles de valorisation de cet écart tarifaire, selon le ministère de l’Énergie.
Qu’est-ce que le « tarif agent » ?
Ce dispositif remonte aux origines du statut des industries électriques et gazières. Il concerne aujourd’hui environ 140 000 salariés en activité chez EDF, Engie, Enedis, GRDF ou encore certains distributeurs locaux d’énergie, mais aussi près de 160 000 retraités du secteur. Concrètement, ces bénéficiaires paient leur facture d’électricité ou de gaz à un tarif très réduit par rapport au prix payé par un client lambda.
Selon la Cour des comptes, les personnes concernées ne régleraient désormais que moins de 2 % du tarif moyen payé par les consommateurs classiques. Un chiffre toutefois contesté par plusieurs syndicats, qui évoquent plutôt un niveau proche de 10 % du tarif grand public.
Un coût de 700 millions d’euros par an
Au-delà du débat sur le pourcentage exact, un chiffre fait consensus : ce tarif préférentiel aurait coûté plus de 700 millions d’euros en 2024 pour l’ensemble du groupe EDF. Une somme qui alimente les critiques sur la pertinence de maintenir un tel avantage à grande échelle, alors que les prix de l’énergie restent une préoccupation majeure pour les ménages français.
Pourquoi les syndicats causent d’un « totem »
Pour les organisations syndicales, il n’est pas question de céder. « Pour nous, c’est vraiment un totem », a résumé Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, 1er syndicat de la branche, qui rappelle que la grille de salaires du secteur démarre en dessous du Smic. La CFDT tient un discours similaire, insistant sur le fait que ce tarif fait partie intégrante de la rémunération globale des agents, et non d’un simple bonus.
L’intersyndicale, qui regroupe CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, s’attend à un taux de grévistes très élevé. À titre de comparaison, la dernière fois que ce tarif avait été menacé, au printemps 2011, le mouvement avait rassemblé 86 % de grévistes dans les entreprises du secteur. Certains sites, comme la centrale nucléaire de Flamanville, dans la Manche, ont même anticipé le mouvement avant l’appel officiel à la grève.
Quelles conséquences pour les usagers ?
Si le mouvement s’annonce massif, son impact concret sur la distribution d’électricité et de gaz reste à confirmer au fil de la journée. Les fédérations syndicales évoquent la possibilité que des salariés bloquent certains sites, ce qui pourrait entraîner des perturbations ponctuelles selon les régions. Reste à savoir si le gouvernement maintiendra son projet de réforme ou s’il choisira, comme en 2011, de reculer face à la pression sociale.