“Wahou !” : un Bruno Podalydès pour rire de nos petites névroses contemporaines

Catherine (Karin Viard, affublée de larges lunettes) et Oracio (Bruno Podalydès dans l’un de ses rôles préférés, celui de l’homme “bonhomme”) font du “conseil en immobilier” au sein de leur agence baptisée Wahou !, puisque c’est ce que doivent...

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Catherine (Karin Viard, affublée de larges lunettes) et Oracio (Bruno Podalydès dans l’un de ses rôles préférés, celui de l’homme “bonhomme”) font du “conseil en immobilier” au sein de leur agence baptisée Wahou !, puisque c’est ce que doivent inspirer les biens qu’elle vend : un grand cri admiratif. Flanquée d’un stagiaire manifestement plus doué qu’elle, la paire doit vendre deux biens : d’une part, un appartement tout neuf situé dans le “triangle d’or” de Bougival, de l’autre, une belle maison sans piscine mais “piscinable”, entourée d’une grande propriété, qui hélas donne sur une ligne de chemin de fer dont la proximité décourage l’ardeur (“Wahou !”) des acquéreur·ses les plus enthousiastes.

Les visites se succèdent, croquant au passage les petites folies de nos contemporain·es. Ainsi nous verrons défiler la crème de la crème des acteurs et actrices du cinéma français : Agnès Jaoui, Sabine Azéma, Eddy Mitchell, Roschdy Zem, etc., et d’autres plus habitué·es de l’œuvre podalydessienne, comme Isabelle Candelier, Florence Muller ou son frère Denis-de-la-Comédie-Française, dans un rôle muet admirable.

Au fond, Podalydès aime à décrire – et moquer, le plus souvent – la grande banlieue parisienne un peu cossue

Vieilles névroses et langage marketing

Il existe, dans le cinéma de Bruno Podalydès, une appétence indéniable pour le film à sketchs. C’est patent dans Bancs publics (2009), ça l’est sans doute moins, en apparence, dans Comme un avion (2015) ou Adieu Berthe (2012), mais l’idée est là quand même, plus ou moins déguisée, presque aiguisée pour que l’agencement, l’enchaînement des petits numéros ne se voie pas. 

Wahou ! est plus clairement un film à sketchs, même si des personnages gouleyants y deviennent récurrents, comme ceux interprétés merveilleusement par Sabine Azéma et Eddy Mitchell (évidente incarnation du capitaine Haddock – d’ailleurs il boit du whisky Loch Lomond !) dans le rôle du couple qui souhaite vendre sa maison, mais pas à n’importe qui (surtout Monsieur). 

Perturbant, aussi, le langage marketing de l’immobilier du neuf

Au fond, Podalydès aime à décrire – et moquer, le plus souvent – la grande banlieue parisienne un peu cossue aussi drôle qu’inquiétante, qui cache derrière ses vieux murs de vieilles névroses volontairement non résolues, que seule la présence d’une ligne de RER vient perturber. Perturbant, aussi, le langage marketing de l’immobilier du neuf, où le “dressing” désigne un placard dans lequel on peut tenir debout… Et c’est fondamental, tout ce trouble, dans la société moderne ! C’est son piment.

Wahou ! de Bruno Podalydès, avec lui-même, Karin Viard, Sabine Azéma (Fr., 2023, 1 h 30). En salle le 7 juin.