Canicule : cette retraitée vit dans une bouilloire thermique, "c'est intenable, ça devient un four"
Alors que les températures grimpent d’année en année, une réalité inquiétante se dessine derrière les murs de nombreux logements français. Si les canicules étaient autrefois perçues comme des épisodes exceptionnels, elles deviennent désormais...
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Alors que les températures grimpent d’année en année, une réalité inquiétante se dessine derrière les murs de nombreux logements français. Si les canicules étaient autrefois perçues comme des épisodes exceptionnels, elles deviennent désormais récurrentes et mettent à rude épreuve les habitations. Une récente étude menée à partir des données du Diagnostic de performance énergétique (DPE) dévoile qu’une grande partie du parc immobilier est mal préparée à affronter ces vagues de chaleur. Le constat est d’autant plus préoccupant que certains logements réputés performants sur le plan énergétique ne sont pas épargnés. Face à cette difficulté, une retraitée s'est livrée sur son quotidien durant cette canicule qui frappe la France.
Près d’un logement sur deux devient une véritable "bouilloire thermique"
L’étude réalisée par Pouget Consultants et IGNES à partir de près de neuf millions d’indicateurs de confort d’été met en lumière une situation préoccupante. Selon les résultats, seuls 10 % des logements analysés offrent un niveau de confort jugé satisfaisant lors des fortes chaleurs. À l’inverse, près d’un logement sur deux présente un niveau de confort insuffisant.
Ces habitations sont considérées comme des "bouilloires thermiques", c’est-à-dire des logements où la chaleur s’accumule rapidement et devient difficile à évacuer. Cette situation s’explique notamment par l’absence de protections solaires extérieures efficaces. Volets, stores ou brise-soleil permettent pourtant de limiter fortement les apports de chaleur dans les pièces exposées au soleil. Sans ces équipements, les températures intérieures peuvent grimper rapidement lors des épisodes caniculaires.
Les grandes villes particulièrement exposées à la surchauffe
Certaines agglomérations apparaissent plus vulnérables que d’autres. Paris figure parmi les villes les plus touchées, avec près de 68 % des logements analysés présentant un confort d’été insuffisant. À Lille, cette proportion dépasse même les 70 %. Cette situation s’explique en partie par la forte densité urbaine. Les bâtiments, les routes et les surfaces minérales emmagasinent la chaleur tout au long de la journée avant de la restituer durant la nuit. Ce phénomène, appelé îlot de chaleur urbain, empêche les logements de se rafraîchir naturellement.
Plus surprenant encore, un tiers des logements classés A ou B au DPE sont, eux aussi, considérés comme des bouilloires thermiques. Une bonne isolation contre le froid ne garantit donc pas automatiquement une protection efficace contre les fortes chaleurs estivales. Dans un entretien avec BFMTV, une sexagénaire a exprimé son mal-être face à cette situation : "26,2 °C et ce n'est pas encore le soleil qui tarde là. J'ai des problèmes respiratoires et j'ai des chutes, ce qui fait que dès qu'il fait chaud pendant deux trois jours, c'est intenable à l'intérieur, ça devient un four, quoi", a-t-elle expliqué.
Pourquoi l’adaptation des logements devient une priorité
Face à l’intensification des canicules, les spécialistes estiment que l’adaptation des logements constitue désormais un enjeu majeur. Réduire les consommations énergétiques reste important, mais le confort d’été devient tout aussi essentiel pour préserver la santé des occupants. Les professionnels du secteur appellent ainsi à renforcer les mesures destinées à protéger les habitations contre la chaleur.
Ils soulignent également que de nombreux audits énergétiques ne recommandent toujours pas l’installation de protections solaires, alors même que les logements concernés en auraient besoin. À mesure que les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents et plus intenses, la capacité des logements à rester habitables durant l’été s’impose comme l’un des grands défis du parc immobilier français.