Résultats élections départementales 2021: au 1er tour, la prime aux sortants

ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES - Des enseignements similaires. Alors que les régionales ont été marquées par une abstention historique, c’est bien le même constat pour les départementales dont le 1er tour se déroulait simultanément ce dimanche 20...

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Un électeur tenant sa carte et une enveloppe à Cucq, dans le Nord, le 20 juin 2021 (photo d'illustration).

ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES - Des enseignements similaires. Alors que les régionales ont été marquées par une abstention historique, c’est bien le même constat pour les départementales dont le 1er tour se déroulait simultanément ce dimanche 20 juin. Autres leçons du scrutin là aussi: la prime accordée aux exécutifs sortants et la faiblesse de LREM.

Des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes à ceux de Provence-Alpes-Côte d’Azur en passant par Mayotte, Le HuffPost fait le point sur les résultats de ce 1er tour des départementales 2021.

> En Auvergne-Rhône-Alpes

La droite et le centre confortent leur domination dans la plupart des départements et le RN se qualifie rarement. Dans l’Ain, droite et centre sont en tête dans 20 des 23 cantons. Dans l’Allier, la droite progresse, en tête dans 12 cantons. Dans le Cantal, la droite et le centre dominent dans 13 cantons sur 15. Dans la Drôme, la droite peut gagner du terrain, en ballotage favorable dans 13 cantons sur 19.

La droite conserve aussi une large avance dans la Loire où elle était majoritaire avec 14 cantons contre 7 à gauche. En Haute-Loire aussi, les forces de droite restent largement en tête avec plus de 70% des voix : dans les 10 cantons où se tiendra un second tour, elles sont en ballotage favorable.

Dans le Rhône (hors métropole de Lyon), droite et centre devraient rafler les 13 cantons, le PS en perdant un. En Isère, l’alliance des gauches menée sous la bannière du “printemps isérois”, en tête dans 11 cantons dont ceux de Grenoble, n’est pas parvenue à renverser la majorité LR, devant dans 18 cantons plutôt ruraux. 

Deux exceptions à la domination de la droite dans la région: en Ardèche, gauche et écolos virent en tête dans 11 cantons sur 17 et dans le Puy-de-Dôme, deux binômes, l’un socialiste et l’autre d’union de la gauche, ont été élus au 1er tour face à des candidats du RN. Dans 13 autres cantons, la gauche, qui en détenait 21 sur 31, fait la course en tête.

> En Bourgogne-Franche-Comté

La prime aux sortants a fonctionné et la droite, qui détient six des huit départements de la région, est en bonne position pour conserver la majorité des conseils départementaux. Ainsi en Côte d’Or et Saône-et-Loire, la droite est en position très confortable, ses présidents respectifs sortants Alain Sauvadet (UDI) et André Accary (DVD) étant même réélus dès le 1er tour (avec 61,14% et près de 77% respectivement).

Dans l’Yonne aussi, droite et centre arrivent en tête dans la plupart des cantons. Dans le Territoire de Belfort, la droite est en ballotage favorable pour conserver le département, tout comme dans le Jura ou le Doubs où les majorités LR et divers droite arrivent en tête.

Dans la Nièvre, la gauche pourrait être en mesure de conserver son fief mais elle est sous pression à la fois de la droite et du RN. Enfin en Haute-Saône, la gauche a un léger avantage, mais en l’absence de triangulaire, la droite emmenée par le sénateur LR et ancien secrétaire d’Etat Alain Joyandet peut espérer l’emporter. 

> En Bretagne

Trois des quatre départements bretons -Morbihan, Finistère, Ille-et-Vilaine - devraient conserver leur majorité sortante, mais la gauche pourrait reconquérir les Côtes-d’Armor, perdues en 2015. Dans ce département, la gauche peut espérer reconquérir la majorité qu’elle avait perdue en 2015 à quelques voix. Plusieurs cantons de ce département présidé par Romain Boutron (LR) seront particulièrement scrutés, droite et gauche étant au coude-à-coude.

Le Morbihan, dirigé par le président LR François Goulard, a gardé le cap avec plus de 39% des suffrages à droite, contre environ 32% pour les partis de gauche, très loin devant le RN (14,10%).

En Ille-et-Vilaine, pas de changement en vue. La gauche est en passe de conserver la majorité de ce département présidé depuis 2015 par Jean-Luc Chenut (PS). Socialistes et écologistes ont réuni au 1er tour quelque 47% des voix. Dans le Finistère, dirigé par le PS, le second tour semble plus incertain, droite et gauche étant au coude-à-coude dans plusieurs cantons.

> En Centre-Val de Loire

La droite sort largement en position de force dans les six départements de la région. Dans le Cher, la droite est en tête dans onze cantons sur 19 et donc en bonne position pour conserver un département qu’elle avait pris à la gauche en 2015.

En Eure-et-Loir, la droite LR et divers droite termine en tête de quasiment tous les cantons du département. Dans l’Indre, en tête dans onze cantons sur 13, la droite devrait garder sans trembler un département qu’elle conserve depuis 1985. En Indre-et-Loire, la majorité départementale de droite reste aussi en force tout comme dans le Loir-et-Cher malgré une droite parfois désunie voire éclatée,

Enfin dans le Loiret, droite et centre arrivent en ballottage favorable dans une quinzaine de cantons sur un total de 21. Largement en tête dans son canton, Marc Gaudet (divers droite), qui avait succédé à Hugues Saury en 2015, a toutes les chances d’être reconduit à la tête du conseil départemental.

> Dans le Grand-Est

Les neuf départements semblent devoir tous rester à droite à l’issue de ce 1er tour, à l’exception de la Meurthe-et-Moselle où la gauche est en bonne position pour le conserver. L’union gauche-écolos y pointe en tête avec plus de 40% des voix (41,48%) devant l’Union au centre et à droite (32,06%) et le RN, éliminé (3e, 24,57%).

Dans les autres départements, la majorité sortante de la droite et du centre domine, que ce soit dans les Ardennes (plus de 45% des voix)., dans la Marne (55,31%). Elle arrive aussi en tête dans la Meuse (25,36%) et dans les Vosges (23,21%) devant le RN.

Le RN arrive lui en tête dans l’Aube avec 28,2% des voix mais l’addition des binômes d’Union au Centre et à Droite et Divers droite forme une majorité d’un peu plus de 41%. Le parti de Marine Le Pen est aussi en tête en Alsace (18,9%), quatre points devant l’Union à droite et LR, au coude à coude, et en Moselle -en nette baisse par rapport à 2015 (23,67%)- devant les divers droite (19,47%) et union de la droite (17,03%). Le raz-de-marée RN n’a pas eu lieu en Haute-Marne (22,48% contre 54,48% pour la majorité sortante droite-centre).

> En Guadeloupe

Les listes de gauche remportent plus de 40% des suffrages dans ce territoire des Caraïbes où 31% des électeurs de sont déplacés (en baisse de 17% par rapport à 2015). A noter aussi la victoire avec 100% des voix d’un binôme qui était le seul en lice. 

> Dans les Hauts-de-France

Recul du RN, prime aux sortants: les cinq départements épousent aussi la physionomie nationale des régionales. Avec quelque 36% des suffrages, la droite et ses multiples entités conserve son avance dans le département le plus peuplé de France, qu’elle avait conquis sur la gauche en 2015

Dans le Pas-de-Calais, la gauche maintient sa domination historique avec au moins 38% des voix, devant le RN (29,2%) qui recule de six points par rapport à 2015. Le parti de Marine Le Pen reflue aussi dans l’Aisne, en tête dans trois cantons seulement sur 21 alors que les candidats de la majorité de la droite et du centre cumulent environ 42% des voix. Même chose dans la Somme avec environ 23%

Dans l’Oise, la droite, qui avait ravi au PS le département en 2015 avec 30 sièges sur 42, peut aller au deuxième tour confiante, tous ses binômes sortants étant arrivés en tête. 

> En Ile-de-France

La droite mène dans plusieurs départements: en Seine-et-Marne, LR (23,15%) devance le RN (21,15%) loin devant les listes de gauche. Dans les Yvelines, la droite est largement en tête (27,4 % pour les divers droite) suivie de l’Union du Centre et de la Droite (16,96 %) et du RN (14,82%). Dans les Hauts-de-Seine, l’Union du Centre et de la Droite est en tête (16,73%) suivie de l’Union gauche-écolos (14,93%) et de LR (11,5%). Et dans le Val-d’Oise, la droite domine avec les listes LR (20,63%) et union de la droite (12,75%). Le RN est 2e (17,79 %).

En Seine-Saint-Denis, bastion historique de la gauche, les binômes gauche-écologistes écrasent en revanche leurs concurrents avec 36,23% des voix, devançant de très loin LR (11,57%) et le RN (9,12%). Dans le Val-de-Marne, le vote est morcelé, dominé par LR (19,09%), suivis de l’union gauche-écolos (12,07%).

Dans l’Essonne enfin, le RN arrive en tête avec 17,67% des voix, même si l’ensemble des listes de gauche cumulées le devance largement. Les Républicains sont à seulement 2,45% et LREM enfoncée à 1,27%.

> À La Réunion

Le rapport droite-gauche est très équilibré à l’issue d’un 1er tour qui n’a mobilisé que 37% des électeurs. Sur les 25 cantons en jeu, le bloc de droite et du centre arrive en tête dans 13, la gauche dans 11, le dernier étant trusté par un bînome sans étiquette. Il y aura un second tour dans 22 cantons.

> À Mayotte

Les Républicains tirent leur épingle du jeu dans le 101e département français où les élections de dimanche ont connu, malgré le contexte sanitaire, une forte participation à près de 64%. LR qui présentait des binômes dans neuf cantons sur 13 est parvenu à se qualifier pour le second tour dans sept cantons, Le deuxième tour de scrutin à Mayotte verra 11 duels et une triangulaire dans le canton de Tsingonin au centre-ouest de l’île.

> En Normandie

Le suspense demeurait entier dimanche en Seine-Maritime que la gauche espère ravir au LREM Bertrand Bellanger et à sa courte majorité. La gauche y totalisait plus de 43% des voix, la droite près de 28% et le RN 21%. Le département avait basculé à droite en 2015 après onze ans à gauche. Le RN y était à plus de 26% au 1er tour de 2015.

Dans l’Eure, où le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu fait partie de la majorité départementale, la droite enregistre plus de 46% des voix, la gauche 27% et le RN est à 25,72%. Le Calvados présidé par le sénateur UDI Jean-Léonce Dupont semblait demeurer à droite qui continue à dominer également dans l’Orne avec plus de 59% des voix et dans la Manche (plus de 53% des voix).

> En Nouvelle-Aquitaine

Pas de bouleversements attendus, la prime aux sortants devrait largement l’emporter à l’exception de la Charente: aucun candidat n’y a été élu au 1er tour, le match est serré entre la droite qui n’avait ravi le département au PS en 2015 qu’avec un seul canton d’avance, et la gauche qui a réussi à former une alliance à peu près homogène PS/PC/EELV. 

Concernant les autres départements, les majorités de gauche et notamment socialistes sont bien parties pour rester en place à l’issue du deuxième tour dans les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et la Dordogne. Fief de gauche depuis 1930, la Haute-Vienne, dernier département de l’ancien Limousin à avoir résisté en 2015 à la droite, confirme aussi son ancrage historique.

La Creuse confirme elle son nouvel ancrage à droite depuis les dernières élections de 2015, après avoir été un bastion de la gauche. En Corrèze, la droite domine largement, rassemblant au total un peu plus de 48% des suffrages. Dans les Deux-Sèvres, la droite qui avait détrôné en 2015 le PS allié aux verts pour s’offrir une large majorité départementale de 18 élus sur 24, fait aussi la course en tête, tout comme en Charente-Maritime et dans la Vienne.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, “Force 64”, liste d’union de la droite et du centre de Jean-Jacques Lasserre (MoDem), qui avait repris le département à la gauche en 2015, arrive en tête face à une opposition de gauche dispersée. 

> En Occitanie

La plupart des treize départements d’Occitanie devraient se maintenir à gauche, qu’il s’agisse de l’Aude, l’Ariège, le Gers, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, la Lozère (conquise à la droite en 2015), le Lot, le Tarn et le Tarn-et-Garonne où les majorités sortantes sont bien parties. L’Aveyron, seul département de la région à être gouverné par la droite -depuis 1949- ne changera pas non plus de couleur politique à l’issue du scrutin.

Mais l’incertitude demeure dans les Pyrénées-Orientales et le Gard, cibles du RN. Dans le 1er département, la majorité socialiste se trouve en ballottage favorable dans 8 des 17 cantons. Le RN peut espérer enlever quatre cantons, à Perpignan, où il arrive en tête et est en ballottage dans 13 des 17 cantons (16 sur 17 en 2015). Dans le second, le RN arrive 1er (comme en 2015) avec 31,50% des voix devant les binômes d’union à gauche avec les écologistes (28,91%). Dans l’Hérault aussi, le RN est en tête (27,64% des voix contre 19,60% pour les binômes socialistes).

> Dans les Pays de la Loire

Quatre des cinq départements conservent leur ancrage à droite, mais la Loire-Atlantique et ses 31 cantons ne sont pas assurés de rester à gauche avec des résultats très serrés comme en 2015. La Loire-Atlantique est actuellement le seul des cinq départements de la région dirigé par la gauche, mais cette majorité avait été acquise de justesse en 2015. Gauche et droite sont encore au coude à coude avec 20,87% des voix pour les binômes divers gauche et 20,65% pour les divers droite.

En Vendée, le département est assuré de rester à droite. La majorité départementale divers droite domine aussi dans la Sarthe et le Maine-et-Loire. En Mayenne, présidée par le centriste Olivier Richefou (UDI), les binômes divers centre (28,01%) ont rassemblé quasiment autant de voix que les binômes divers droite (25,74%).

> En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Bien placée pour conserver les cinq départements qu’elle présidait dans la région, la droite pourrait même faire le grand chelem dimanche en remportant les Alpes-de-Haute-Provence. Dirigé par le PS  depuis 1998, le département était depuis 2017 le lieu d’une expérience originale: une inédite coalition “arc-en- ciel”, présidée par René Massette (PS) lui a succédé, regroupant des élus de droite et de gauche. Il pourrait basculer à droite puisque LR arrive en tête dans 10 des 15 cantons, loin devant les binômes PCF (en tête dans 2 cantons), PS, DVG ou centre (1 canton chacun).

La droite domine dans les autres départements où elle compte plusieurs bastions, que ce soit dans les Alpes-Maritimes (43,5% des voix) malgré les divisions qui touchent LR localement, les Hautes-Alpes avec trois binômes déjà élus, le Var et le Vaucluse malgré des scores importants du RN.

Le scrutin est serré dans les Bouches-du-Rhône avec 29,95% des voix pour le RN, devant Les Républicains de Martine Vassal (28,1%) qui avait conquis en 2015 ce département acquis depuis plus de 100 ans à la gauche. Cette dernière a appelé dimanche les électeurs à “une large mobilisation” contre le RN, présenté comme son “seul adversaire”. Mais si le parti de Marine Le Pen est bien leader en nombre de voix sur le département, ses conquêtes pourraient être limitées.

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