Retraite : cette économiste est formelle, "elles ont été créées pour financer 8 ans de vie après avoir arrêté de travailler et il y en a maintenant plus de 25"
Le financement des retraites revient régulièrement au centre des débats, en France comme ailleurs en Europe. Derrière l’âge de départ ou le montant des pensions se cache une autre question : pendant combien de temps les systèmes doivent-ils...
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Le financement des retraites revient régulièrement au centre des débats, en France comme ailleurs en Europe. Derrière l’âge de départ ou le montant des pensions se cache une autre question : pendant combien de temps les systèmes doivent-ils verser un revenu après la fin de la vie professionnelle ?
Le système de retraite est-il encore fiable ?
L’allongement de l’espérance de vie bouleverse désormais cette équation. Dans une analyse relayée en Espagne, comme le relatent nos confrères de Melty, l’économiste Pilar García de la Granja insiste sur cette transformation démographique. Selon elle, les dispositifs de retraite ont été pensés à une époque où la période passée sans travailler après une carrière était beaucoup plus courte. Aujourd’hui, les pensions doivent être versées durant plusieurs décennies pour une partie des assurés. Une situation qui exerce, selon l’économiste, une pression croissante sur les finances publiques et oblige à repenser les équilibres entre cotisations, durée de carrière et prestations. Les comparaisons entre pays restent toutefois complexes : l’âge légal ne suffit pas à mesurer la générosité ou la solidité d’un système.
Des années de retraite beaucoup plus nombreuses à financer
Niveau des pensions, décotes, carrières incomplètes et dispositifs complémentaires entrent également en jeu. Pilar García résume néanmoins le bouleversement en une formule particulièrement frappante : "elles ont été créées pour financer 8 ans de vie après avoir arrêté de travailler et il y en a maintenant plus de 25". L’économiste avait formulé son constat le 26 juin 2026 en évoquant une durée initiale comprise entre huit et dix années, contre 25 à 28 ans aujourd’hui en moyenne selon son analyse. Elle estime que cette évolution change profondément la logique du financement. Dans le même temps, la situation des retraités varie fortement selon les pays. Dans le monde, une part importante des personnes ayant dépassé l’âge légal ne touche aucune pension, tandis qu’une partie des actifs ne dispose pas non plus de droits suffisants pour espérer un revenu de retraite. Même en Europe, les différences restent considérables.
Continuer à travailler, mais sur la base du volontariat
Pour Pilar García de la Granja, l’une des pistes consiste à faciliter la poursuite d’une activité pour ceux qui le souhaitent et qui en ont la possibilité. Elle ne réduit pas pour autant la question à un simple recul de l’âge de départ. Le financement dépend aussi des salaires, du nombre de cotisants, des carrières, du chômage ou encore du niveau des pensions versées. Son constat met surtout en évidence le changement d’échelle provoqué par l’allongement de la vie. Un système capable de financer quelques années de retraite doit désormais parfois assurer un revenu pendant plusieurs décennies. Cette évolution constitue évidemment une avancée en matière de longévité, mais elle impose aussi des arbitrages collectifs. Reste alors à déterminer comment répartir l’effort entre actifs, employeurs, retraités et finances publiques sans fragiliser les personnes aux carrières les plus difficiles aujourd’hui encore.