Airbnb et location meublée : la fiscalité va se durcir dès 2027

La location meublée, y compris via des plateformes comme Airbnb, pourrait coûter plus cher aux propriétaires dès l’an prochain. Selon des informations révélées par Le Télégramme, le projet de loi de finances 2027 prévoit un sérieux coup de...

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Airbnb et location meublée : la fiscalité va se durcir dès 2027

La location meublée, y compris via des plateformes comme Airbnb, pourrait coûter plus cher aux propriétaires dès l’an prochain. Selon des informations révélées par Le Télégramme, le projet de loi de finances 2027 prévoit un sérieux coup de rabot sur les avantages fiscaux du régime LMNP (loueur en meublé non professionnel). Objectif affiché du gouvernement : rééquilibrer le marché locatif en faveur des locations longue durée.

Cette mesure, qui devrait rapporter environ 200 millions d’euros à l’État, cible en particulier un mécanisme très prisé des bailleurs : l’amortissement, qui permet aujourd’hui de déduire une partie de la valeur du logement des revenus locatifs imposables, sans quasiment aucune limite.

Un plafond sur les amortissements du LMNP

Concrètement, le texte prévoit de limiter la déductibilité de l’amortissement à 2,5 % de la valeur du bien, dans la limite de 7 000 euros par an et par foyer fiscal. Pour un appartement acheté 200 000 euros, un propriétaire ne pourrait donc plus déduire que 5 000 euros par an de ses revenus locatifs, contre un montant jusqu’ici beaucoup plus flexible et souvent plus avantageux.

Cette réforme s’accompagne du renforcement d’un autre dispositif, baptisé « Jeanbrun », déjà lancé l’an dernier. Il permet de déduire entre 3 et 5,5 % du prix d’acquisition d’un logement loué non meublé à un loyer abordable, dans la limite de 12 000 euros par an. En resserrant les règles du meublé, l’exécutif espère rendre la location nue plus attractive pour les propriétaires.

Un tour de vis supplémentaire pour les locations type Airbnb

Les meublés de tourisme, eux, seraient encore plus pénalisés. Le plafond d’amortissement tomberait à 1,5 % de la valeur du bien, avec un maximum de 5 000 euros par an et par foyer fiscal. Une distinction qui confirme la volonté du gouvernement de décourager les locations saisonnières au profit des baux classiques, dans un contexte de tension sur le logement dans plusieurs grandes villes.

Selon l’Observatoire français de la location meublée, cité par Le Télégramme, près de 23 % des logements loués sous le statut LMNP seraient aujourd’hui utilisés comme locations touristiques plutôt que comme résidences principales louées à l’année.

Pourquoi le gouvernement serre la vis

La députée Annaïg Le Meur, à l’origine d’un rapport sur le sujet en 2024, avait pointé du doigt l’absence de plafond jusqu’ici : les taux d’amortissement appliqués par les propriétaires étaient très variables, et 68 % des bailleurs en LMNP ne payaient au final aucun impôt sur leurs revenus locatifs. Sur environ 6 millions de propriétaires bailleurs en France, 1,37 million ont opté pour ce régime plutôt que pour la location nue, moins avantageuse fiscalement.

Du côté des représentants de propriétaires, l’inquiétude monte. « À force de coups de rabot successifs, c’est tout l’équilibre de ce régime que l’on fragilise », estime Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers. Un avis partagé par Denis Lapôtre, président d’une fédération de propriétaires, qui juge que l’investissement locatif perd aujourd’hui de son intérêt.

Le projet de loi de finances doit encore être débattu au Parlement avant son adoption définitive. Si vous louez un bien meublé ou envisagez de vous lancer, mieux vaut donc suivre de près les discussions budgétaires des prochaines semaines : les règles du jeu pourraient bien changer dès 2027.