Auchan et Leroy Merlin sous contrôle russe : Paris dénonce un « acte hostile »
Nouveau coup de tension entre la France et la Russie autour de deux enseignes bien connues des consommateurs français. Un décret signé par Vladimir Poutine a transféré les actifs russes d’Auchan et de l’ex-Leroy Merlin à une entreprise locale...
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Nouveau coup de tension entre la France et la Russie autour de deux enseignes bien connues des consommateurs français. Un décret signé par Vladimir Poutine a transféré les actifs russes d’Auchan et de l’ex-Leroy Merlin à une entreprise locale baptisée L.E.V. Management, selon BFM. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a réagi vivement ce vendredi 25 septembre, exigeant l’annulation pure et simple de cette opération.
Sur France 2, le ministre a qualifié la manœuvre d’« acte hostile » et de « chantage économique » orchestré par Moscou. Il a toutefois précisé que cette décision « n’empêchera pas » la France de rester ferme et de continuer à soutenir l’Ukraine face à l’invasion russe.
Que s’est-il passé concrètement pour Auchan et Leroy Merlin ?
Le décret présidentiel russe place les filiales locales d’Auchan, du géant suisse Nestlé et de l’ex-Leroy Merlin, désormais renommé Lemana Pro, sous une « administration temporaire » confiée à la même société russe. Moscou se veut rassurant en affirmant qu’il ne s’agit pas, pour l’instant, d’une confiscation définitive des entreprises concernées.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pourtant pas caché la portée politique du geste. Il a expliqué que l’origine de ces groupes, issus de pays jugés « inamicaux » par la Russie, avait pesé dans la décision, accusant ces États d’être impliqués dans les actions militaires contre son pays.
Un climat de représailles depuis 2022
Cette affaire n’est pas isolée. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, plusieurs entreprises occidentales ayant réduit ou stoppé leur activité en Russie ont vu leurs actifs locaux repris en main par des intérêts russes. Danone avait déjà connu ce sort en 2023, sa filiale russe étant passée sous administration avant d’atterrir entre des mains liées à la Tchétchénie.
Le contexte actuel ajoute une dimension supplémentaire : ces prises de contrôle interviennent alors que l’Union européenne débat de l’utilisation des avoirs russes gelés depuis le début du conflit. Le président de l’Union russe des industriels et entrepreneurs a d’ailleurs présenté ces mesures comme des signaux d’avertissement envoyés à Bruxelles, histoire de rappeler que les entreprises européennes encore présentes en Russie pourraient à leur tour en faire les frais.
Quelles conséquences pour les enseignes et les clients ?
Pour l’instant, cette bataille se joue surtout sur le terrain russe et ne concerne pas les magasins Auchan et Leroy Merlin encore présents en France. Les enseignes historiques du groupe Mulliez avaient déjà largement réduit la voilure de leurs activités en Russie ces dernières années, dans un contexte économique et diplomatique de plus en plus tendu.
Reste à savoir si la pression diplomatique française, portée par Roland Lescure, aboutira à une remise en cause du décret russe. En attendant, cette affaire illustre à quel point les grandes enseignes de distribution peuvent se retrouver otages de tensions géopolitiques qui dépassent largement leurs rayons et leurs clients habituels.