"Boulanger, j'ai commencé avec un petit four et maintenant, je facture 3000€ par mois dans un garage de 12m². C'est ça la qualité de vie"

Changer de métier ne signifie pas forcément viser plus grand. Pour Daniel, l’objectif était même exactement inverse : réduire la place du travail dans son quotidien. Cet ancien ingénieur civil a délaissé une carrière menée entre plusieurs pays...

"Boulanger, j'ai commencé avec un petit four et maintenant, je facture 3000€ par mois dans un garage de 12m². C'est ça la qualité de vie"

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Changer de métier ne signifie pas forcément viser plus grand. Pour Daniel, l’objectif était même exactement inverse : réduire la place du travail dans son quotidien. Cet ancien ingénieur civil a délaissé une carrière menée entre plusieurs pays pour fabriquer du pain dans un garage de seulement 12 mètres carrés à Carthagène, en Espagne.

Cet ancien ingénieur a décidé de changer de vie

Un espace minuscule devenu une micro-boulangerie rentable. Son activité lui permet aujourd’hui de générer près de 3000 euros par mois, tout en travaillant environ 30 heures chaque semaine. Un équilibre professionnel qu’il recherchait depuis longtemps. Avant de pétrir ses 1ères fournées professionnelles, Daniel avait pourtant suivi un parcours très différent. Après ses études d’ingénieur, la crise économique l’avait poussé à partir travailler loin de l’Espagne. Australie, Arabie saoudite, puis Londres : les expériences se sont multipliées, sans lui apporter l’épanouissement espéré : "Je passais plus de temps loin de chez moi et je gagnais peu d'argent que je ne menais une vie pleine", dévoile-t-il au média Cope. La fabrication du pain, pratiquée comme loisir depuis plus de dix ans, a progressivement pris une autre dimension, alors que les boulangeries en France se retrouvent dans une grande crise.

Il investit ses économies dans un modèle de boulangeries rentables

Revenu en Espagne, il décide alors d’étudier sérieusement la possibilité d’en vivre. Daniel reconnaît qu’il ignorait initialement presque tout du fonctionnement économique d’une boulangerie, tout comme celles de Marie Blachère. Il se fait donc accompagner pour tester son projet et vérifier sa rentabilité avant d’investir. Son choix tranche avec celui d’un commerce traditionnel : aucune boutique ouverte au public, aucun salarié et pas de crédit. Les commandes passent par Internet, les échanges avec les clients s’effectuent notamment sur WhatsApp et les pains sont ensuite récupérés dans différents points de collecte. C’est dans un garage appartenant à un proche que Daniel installe finalement son atelier. Il investit environ 30.000 euros de ses économies dans l’aménagement et les équipements nécessaires. L’absence de loyer lui permet de limiter considérablement ses charges : "Dès la 1ère semaine, et même dès la deuxième, je couvrais mes dépenses ; cela suffisait à couvrir le coût des matières 1ères", explique-t-il.

70 clients réguliers pour des pains à 6€

Aujourd’hui, sa production tourne autour de 130 à 140 pains par semaine, vendus environ six euros pièce auprès de quelque 70 clients réguliers. La particularité de son modèle tient surtout à une décision inhabituelle pour un entrepreneur : Daniel ne cherche plus à augmenter ses ventes. Le bouche-à-oreille lui apporte déjà suffisamment de commandes et il a volontairement arrêté de faire de la publicité : "Si je voulais faire de la publicité, je me retrouverais dans une situation où je ne pourrais pas satisfaire de nouveaux clients", reconnaît le boulanger. Davantage de commandes l’obligeraient en effet à ajouter deux journées de fabrication à son emploi du temps : "Ce que je recherchais, c'était une meilleure qualité de vie ; je ne voulais pas quitter un environnement de travail où je devais faire 8 heures ou plus pour un salaire qui n'évoluait pas". Daniel préfère désormais préserver cet équilibre plutôt que développer sa micro-boulangerie.