Discriminations anti-LGBT+ : ce que le gouvernement veut désormais imposer à tous les cadres de l'Éducation nationale
Former 100 % des cadres du ministère de l'Éducation nationale à la lutte contre les discriminations anti-LGBT+ : c'est l'objectif affiché par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations. Effectivement, inscrite...
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Former 100 % des cadres du ministère de l'Éducation nationale à la lutte contre les discriminations anti-LGBT+ : c'est l'objectif affiché par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations. Effectivement, inscrite dans le Plan national pour l'égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ 2026-2029, la mesure rend obligatoire un volet sur l'homophobie et la transphobie dans la formation des directeurs et inspecteurs. Au-delà de l'annonce, l'objectif affiché est clair : mieux qualifier et signaler les actes anti-LGBTI+ dans les écoles, collèges et lycées. Le gouvernement promet un module spécifique de lutte contre la haine anti-LGBT+ intégré à la formation des directeurs et inspecteurs, et un renforcement de la formation continue pour les cadres déjà en poste. Reste à voir comment cette nouvelle obligation s'intégrera concrètement dans des agendas de formation déjà très chargés.
Ce que la formation impose aux cadres de l'Éducation nationale
Concrètement, la formation des cadres de l'Éducation nationale contre les discriminations anti-LGBT+ devient une brique obligatoire des cursus des futurs chefs d'établissement et inspecteurs. Dans un entretien à Libération cité par franceinfo, Aurore Bergé évoque un "module dédié à la lutte contre la haine anti-LGBT+ (...) ajouté à la formation des directeurs comme des inspecteurs". L'idée est de donner à ces décideurs de terrain les outils pour repérer, qualifier et documenter les situations LGBTphobes.
Pour les cadres déjà en fonction, la ministre annonce un renforcement de la formation continue, piloté par le ministère et la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT. Un vademecum sur la lutte contre les discriminations anti-LGBT+ doit en outre être disponible dans tous les établissements à la rentrée 2027, afin d'offrir une référence commune aux équipes face aux insultes, au harcèlement ou aux situations d'outing d'élèves.
Pourquoi le gouvernement s'attaque aux discriminations anti-LGBT+ à l'école
En 2025, 4 900 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées en France, en hausse de 2 % sur un an, selon le service statistique du ministère de l'Intérieur cité par la chaîne d'information BFMTV. Près de la moitié des victimes ont moins de 30 ans et un quart des auteurs ont entre 13 et 17 ans ; des victimes "sont de plus en plus jeunes", constate Aurore Bergé. Elle rappelle aussi que "le risque suicidaire chez les jeunes LGBT+ est deux à sept fois supérieur que chez les hétérosexuels". Pour la ministre, "la question éducative est centrale quand on veut lutter contre ces phénomènes de violence et de haine".
Ce qui change pour les chefs d'établissement et inspecteurs
Selon la Commission nationale consultative des droits de l'homme, les précédents plans anti-LGBTI+ souffraient d'un manque de formations obligatoires pour les adultes en contact avec les enfants ; le nouveau plan 2026-2029 entend combler ce déficit. Dans les faits, sont visés les chefs d'établissement, leurs adjoints et les inspecteurs, ceux qui fixent la ligne dans chaque école ou collège et arbitrent la réponse disciplinaire face aux propos ou agressions LGBTphobes.