Grâce à Bérurier Noir, le rock alternatif déboule dans les collections de la BNF

Si Bérurier Noir a régné avec perte et fracas sur le punk français des années 80, c’est avec une discrétion manifeste qu’ils rejoignent aujourd’hui les prestigieuses collections musicales de la Bibliothèque Nationale de France. Le 17 juin dernier,...

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Si Bérurier Noir a régné avec perte et fracas sur le punk français des années 80, c’est avec une discrétion manifeste qu’ils rejoignent aujourd’hui les prestigieuses collections musicales de la Bibliothèque Nationale de France. Le 17 juin dernier, Benoît Cailmail, adjoint au directeur du département de la Musique de la BNF et François Guillemot (alias Fanfan, FanXoa, François Béru) ont annoncé l’arrivée d’un pléthorique fonds Bérurier Noir – entre autres groupes et projets DIY – au Département Musique de la BNF qui accueillait jusqu’alors la musique classique et les musiques actuelles.

Un puits sans fond

Joint par franceinfo Culture, Benoît Cailmail a d’ailleurs été très surpris par la profusion et l’état de conservation des archives de François Guillemot : “Pour dire les choses franchement, je m’attendais à une boîte à chaussures avec deux photos et trois bouts de papier, et même cela aurait été bon à prendre. Là, quand j’ai découvert chez François Guillemot, à Lyon, la vingtaine de cartons et ce qu’ils contenaient, j’ai été agréablement surpris.”

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Pour la 1ère fois que la BNF accueille le rock alternatif dans ses murs, il ne pouvait pas rêver mieux : “Ce qui m’a le plus réjoui c’est la complétude de ce fonds. C’est formidable. On sort de la création musicale pure puisqu’on y trouve tout ce qui a nourri l’univers, pas seulement musical, des Bérus.”

Activisme et transmission

Il est vrai qu’il ne pouvait y avoir meilleure personne que François Béru, aujourd’hui historien et chercheur au CNRS, pour documenter avec exactitude cette période faste du rock alternatif français. “J’ai immédiatement vu l’intérêt d’une telle proposition dans un but à la fois de transmission d’un savoir alternatif sur les plans textuels, graphiques, musicaux, visuels ou organisationnels mettant en œuvre le Do It Yourself auquel a fortement contribué Bérurier Noir mais aussi dans un but de recherche pour étudier les processus de la création musicale alternative en France dans les années 1980-1990”, écrit ce dernier sur son site internet.

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De cette période sans compromission du punk français, Béru – et Masto, dont la collection vient enrichir celle déjà existante – a ramené une collection d’archives “dans son jus” comprenant à la fois des test-pressings de vinyles, plus de 1 500 photos, des document politiques et culturels (“squat, prisons, luttes alternatives, anarchisme, antifascisme, karaté, cinéma japonais…”), des brouillons de chansons, des partitions, des dessins, des archives graphiques.

Le futur du No Future

En sus de ses archives papiers ou sonores, le don de François Guillemot aux bibliothèques musicales de la BNF concerne aussi tout un tas d’objets ayant servi aux happenings des concerts de Bérurier Noir (costumes, crocs de bouche, masques et faux nez de cochon, comme le détaille franceinfo). De véritables trésors contre-culturels désormais à portée de main de tous les chercheurs en herbe qui voudraient se documenter sur la création musicale en France dans les prochaines années, voire décennies.

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Comme le précise franceinfo Culture, François Guillemot, compte, par ailleurs, réaliser une présentation détaillée du fonds Bérurier Noir lors d’une journée d’études consacrée au groupe en 2022. Si l’événement sera rattaché au PIND (Punk Is Not Dead), laboratoire de recherches sur l’histoire du punk, et non pas à la BNF, l’institution souhaite tout de même proposer une exposition autour de la scène française alternative dans un futur plus ou moins proche. De là à dire que la BNF portera en germe le fameux slogan des Bérus (“La jeunesse emmerde le Front National”) pour toutes les générations futures – et No Future –, il n’y a qu’un pas.