Pourquoi des scientifiques équipent des cafards d’une combinaison de plongée
À 1ère vue, l’idée semble sortie d’un film de science-fiction. Pourtant, des chercheurs ont bien mis au point une combinaison de plongée miniature pour permettre à des cafards de rester plusieurs heures sous l’eau. À terme, ces insectes pourraient...
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À 1ère vue, l’idée semble sortie d’un film de science-fiction. Pourtant, des chercheurs ont bien mis au point une combinaison de plongée miniature pour permettre à des cafards de rester plusieurs heures sous l’eau. À terme, ces insectes pourraient même participer à des opérations de secours après des catastrophes naturelles.
Pourquoi des scientifiques veulent-ils faire nager des cafards ?
Après un tremblement de terre, un effondrement d’immeuble ou une inondation, retrouver rapidement des survivants est souvent une course contre la montre. Si les robots sont déjà utilisés dans certaines opérations, ils rencontrent encore des difficultés lorsqu’il faut se faufiler dans des espaces très étroits ou encombrés.
Les cafards, eux, possèdent naturellement plusieurs qualités recherchées par les chercheurs. Ils peuvent grimper, franchir des obstacles, passer dans des fissures de quelques centimètres et transporter une petite charge tout en consommant très peu d’énergie. Depuis plusieurs années, différentes équipes développent ainsi des « insectes biohybrides », capables d’être guidés à distance grâce à de minuscules électrodes implantées sur leur corps.
Le principal problème restait cependant leur incapacité à survivre longtemps sous l’eau.
Comment fonctionne cette combinaison de plongée miniature ?
Pour contourner cette limite, les chercheurs de la Nanyang Technological University (NTU Singapore) ont imaginé une combinaison imprimée en 3D spécialement adaptée à l’anatomie des cafards.
Ce dispositif étanche ne se contente pas de protéger l’insecte. Il embarque également un système qui produit progressivement de l’oxygène grâce à une réaction chimique. Celui-ci est ensuite acheminé directement vers les organes respiratoires du cafard à l’aide de petits conduits.
Grâce à cette innovation, les chercheurs ont réussi à maintenir les insectes sous l’eau pendant deux à trois heures, tout en conservant leur mobilité et leur capacité à être dirigés à distance.
Ces cafards en combinaison de plongée pourraient un jour sauver des vies
Si cette recherche attire autant l’attention, c’est parce qu’elle répond à un besoin très concret.
Les scientifiques imaginent déjà ces cafards explorer des bâtiments effondrés, des conduites inondées ou d’autres environnements devenus trop dangereux pour les secouristes. Leur petite taille leur permettrait d’accéder à des endroits impossibles à atteindre pour un robot classique.
En transmettant rapidement des informations aux équipes de secours, ces insectes pourraient contribuer à localiser plus vite des survivants et à guider les interventions dans les zones les plus difficiles d’accès.
Les chercheurs voient encore plus grand
La combinaison de plongée n’est qu’une 1ère étape.
Dans leur étude, les chercheurs expliquent vouloir développer une véritable plateforme biohybride, capable de combiner les capacités naturelles des insectes avec des technologies miniaturisées.
À terme, ces cafards pourraient embarquer une caméra miniature, un microphone, des capteurs de température, des détecteurs de gaz toxiques ou encore des capteurs capables de repérer des signes de présence humaine. Ils deviendraient ainsi de véritables outils d’exploration pour les opérations de secours, mais aussi pour l’inspection d’infrastructures ou l’étude de milieux difficiles d’accès.
Une technologie qui fait déjà débat
Au-delà de l’exploit technique, ces travaux soulèvent aussi des questions éthiques.
Les auteurs précisent que leurs expériences ont été menées conformément aux protocoles de recherche de leur université et avec pour objectif de limiter au maximum l’impact sur les insectes. Malgré cela, le développement de ces animaux biohybrides nourrit déjà des débats sur leur utilisation future, entre promesses pour les secours et interrogations sur le bien-être animal.
Le sujet a récemment gagné en visibilité grâce à une vidéo publiée par Cleo Abram (@cleoabram) sur TikTok, qui revient sur les principaux résultats de cette étude. Journaliste scientifique et créatrice de contenus, elle est connue pour ses vidéos de vulgarisation consacrées aux innovations technologiques, à l’intelligence artificielle, à l’espace ou encore aux grandes avancées scientifiques. Avec plusieurs millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, elle s’attache à rendre accessibles au grand public des recherches parfois très complexes, en s’appuyant directement sur des études scientifiques et les témoignages des chercheurs.
Les robots biohybrides ne sont d’ailleurs pas les seules innovations à faire causer d’elles. Nous évoquions récemment le robot humanoïde Optimus de Tesla, conçu pour assister les humains au quotidien : Kim Kardashian fait connaissance avec son robot Tesla à taille humaine