Sonic Boom et Panda Bear inventent le doo wop synthétique
En une décennie, Animal Collective est passé des arenas et festivals gigantesques à un retour aux clubs indie de ses débuts. Un changement de statut dicté en partie par le groupe lui-même, toujours peu enclin à aller où on l’attend et à faire...
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En une décennie, Animal Collective est passé des arenas et festivals gigantesques à un retour aux clubs indie de ses débuts. Un changement de statut dicté en partie par le groupe lui-même, toujours peu enclin à aller où on l’attend et à faire le jeu du music business (on se souvient du refus des Américains de jouer My Girls, leur plus gros single, en concert). Ensemble ou séparément, les membres du groupe continuent pourtant d’innover et faire avancer la musique indie, versant plus volontiers dans les expérimentations synthétiques tout en exprimant un attachement à la pop mélodique.
C’est sur ce territoire artistique que Noah Lennox, membre le plus médiatisé du groupe, s’est trouvé un compagnon de jeu idéal en la personne de Sonic Boom, alias Peter Kember. Ancien membre du groupe culte Spacemen 3, devenu producteur révéré, celui-ci a posé sa patte unique sur deux albums de Panda Bear, projet solo de Lennox. Une relation qui dépasse le cadre de la simple collaboration en studio puisque Kember a suivi son ami américain au Portugal, dans sa patrie d’adoption. C’est là que les deux musiciens ont créé ensemble ce Reset, en partie inspiré par la collection de disques de Kember à peine sortie des cartons.
60’s fever
On retrouve donc sur ces morceaux les ombres fraternelles des indémodables sources d’inspiration que sont The Everly Brothers, Brian Wilson ou The Zombies. Si ces figures tutélaires ont surtout donné un mood général au disque, cet album collaboratif, idéalement homogène, laisse transparaître le plaisir des deux amis de mêler leurs deux univers. Go On, basé sur un sample des Troggs, devrait ainsi ravir les fans du versant le plus pop d’Animal Collective, quand Edge of The Edge laisse entendre la science vocale mélodique époustouflante du duo. Danger, touchante bluette, ou l’épopée synthétique Everything’s Been Leading To This sont d’autres preuves réjouissantes qu’un disque débarrassé des enjeux commerciaux reste un terrain de jeu infini.
Album : Reset (Domino/Sony Music)