Bally Bagayoko sévèrement recadré par le gouvernement pour avoir "écarté un agent pour des motifs politiques"

À peine installé dans son fauteuil de maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko se retrouve déjà au centre d’une polémique qui dépasse largement les frontières de sa commune. Élu dès le 1er tour des élections municipales, le candidat de La France...

Bally Bagayoko sévèrement recadré par le gouvernement pour avoir "écarté un agent pour des motifs politiques"

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

À peine installé dans son fauteuil de maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko se retrouve déjà au centre d’une polémique qui dépasse largement les frontières de sa commune. Élu dès le 1er tour des élections municipales, le candidat de La France insoumise avait tenu, juste après sa prise de fonctions, un discours particulièrement ferme concernant les agents municipaux dont les convictions politiques ne correspondraient pas à celles de sa nouvelle majorité. Des déclarations qui n’ont manifestement pas échappé au gouvernement.

Des propos qui font réagir au sommet de l’État

Le 26 mars 2026, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a ainsi adressé un courrier directement au nouveau maire de Saint-Denis. Dans cette lettre, il rappelle qu’un changement de majorité municipale ne peut pas conduire à remettre en cause la situation professionnelle d’agents territoriaux en raison de leurs opinions politiques. Le ministre estime notamment qu’une collectivité ne peut conditionner l’affectation ou le maintien d’un fonctionnaire à son adhésion, réelle ou supposée, aux orientations défendues par l’exécutif local. Une mise au point particulièrement claire alors que les propos de Bally Bagayoko avaient rapidement suscité des interrogations sur sa conception du fonctionnement de l’administration municipale.

Bally Bagayoko évoquait pourtant des mobilités

Lors de son discours devant l’hôtel de ville, l’élu avait expliqué que certains agents pouvaient rencontrer des difficultés à défendre un projet politique qu’ils avaient combattu dans les urnes. Il avait alors évoqué le cas de fonctionnaires travaillant notamment dans la tranquillité publique et qui souhaiteraient continuer à défendre une orientation politique désormais battue. Sur CNews, le maire avait également déclaré que les fonctionnaires répondaient avant tout à une « commande politique », évoquant la possibilité de voir certains agents changer de poste lorsqu’ils ne seraient plus en phase avec le projet de la nouvelle majorité. Il avait toutefois pris soin de préciser qu’il n’était pas question de les « mettre dehors ».

Le gouvernement rappelle les limites à ne pas franchir

Pour David Amiel, cette distinction ne suffit toutefois pas à écarter le problème juridique. Le ministre avertit qu’une décision visant à écarter un agent en raison de ses opinions politiques pourrait être considérée comme illégale et contestée devant le juge administratif. Plus encore, certaines mobilités répétées ou imposées pourraient, selon lui, être susceptibles de relever du harcèlement moral ou de poser la question d’une discrimination. Le gouvernement rappelle ainsi que la loyauté d’un fonctionnaire envers son institution ne signifie aucunement qu’il doive partager les convictions politiques de son maire.

Les préfets appelés à surveiller les changements

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a également durci le ton. Il a indiqué que les mouvements d’agents municipaux intervenant après un changement de majorité seraient examinés avec une attention particulière par les préfets. Cette intervention gouvernementale intervient alors que Bally Bagayoko entend également transformer la politique de sécurité de Saint-Denis. Le maire avait notamment annoncé vouloir engager un processus de désarmement de la police municipale concernant les LBD, tout en affirmant vouloir conserver une police de proximité forte et maintenir les effectifs. Autant de dossiers qui promettent déjà un début de mandat particulièrement observé.