Ces figures de la décolonisation retenues pour illustrer l'histoire française

POLITIQUE - Qui pour illustrer l’histoire compliquée de la décolonisation? 318 noms - dévoilés en exclusivité par Le HuffPost - ont été proposés pour mieux représenter la diversité sur le territoire. Et certains d’entre eux viennent illustrer...

Ces figures de la décolonisation retenues pour illustrer l'histoire française

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

REJOINDRE L'ÉQUIPE DE RÉDACTION

Tu penses avoir un don pour la rédaction ?
Contacte-nous dès maintenant pour rejoindre notre équipe de bénévoles.

POSTULER

Aimé Césaire et Messali Hadj, figures de la fin de la colonisation aux Antilles et en Algérie.

POLITIQUE - Qui pour illustrer l’histoire compliquée de la décolonisation? 318 noms - dévoilés en exclusivité par Le HuffPost - ont été proposés pour mieux représenter la diversité sur le territoire. Et certains d’entre eux viennent illustrer le long combat mené contre l’esclavage et la colonisation. 

L’histoire de France, c’est aussi celle de l’Algérie française et des colonies dans les Outre-mer. Une époque aujourd’hui révolue, notamment grâce au rôle joué par ces figures que le comité scientifique dirigé par l’historien Pascal Blanchard a choisi de mettre en avant.

fait partie de notre dossier “La mémoire en mouvement”. Alors qu’Emmanuel Macron a souhaité à la création d’une liste de personnalités pour mieux représenter “la diversité de notre identité nationale”, Le HuffPost se plonge dans l’histoire de France et dans l’actualité pour interroger notre mémoire collective.  

Dans les Antilles, il est impossible de parler décolonisation sans mentionner Aimé Césaire. À la fois écrivain et député de la Martinique, il sera le rapporteur du projet de loi sur la départementalisation qui marque la fin des colonies françaises aux Antilles en 1946. Grâce à son combat - qu’il n’a pas mené seul, même si l’histoire n’a retenu que son nom - la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion et la Guyane deviennent officiellement des “départements français”. Les DOM (désormais DROM) sont nés. 

Voilà pour l’histoire récente. Mais avant de se rebeller contre les colonies, il a fallu se rebeller contre le système esclavagiste. Ici, place à Cyrille Bissette, abolitionniste martiniquais précurseur de Victor Schœlcher, et Louis Delgrès, chef de la résistance guadeloupéenne contre la réinstauration de l’esclavage en 1802 par Napoléon. Défait par les troupes du pouvoir, il se suicida avec une partie de ses partisans plutôt que de capituler. À ses côtés lors des combats, se trouvait la mulâtresse Solitude, capturée enceinte puis suppliciée quelques heures après son accouchement. Un nom qui fait défaut dans une liste où les figures féminines restent rares mais qui trouvera peut-être sa place au Mémorial en hommage aux victimes de l’esclavage qui doit voir le jour aux Tuileries.

Rares mais pas complètement absentes. Sans se limiter aux territoires ultra-marins actuels, la liste met en avant plusieurs personnalités haïtiennes qui se sont illustrées en luttant contre l’esclavage et pour l’indépendance. Suzanne Belair (dite « Sanité Belair ») œuvra notamment aux côtés de Toussaint Louverture lors de la Révolution haïtienne, pour aboutir à l’indépendance de l’île en 1804. 

L’écrivain martiniquais Frantz Fanon trouve aussi sa place dans la liste. Auteur prolifique contre le colonialisme, il s’est particulièrement engagé pour l’indépendance de l’Algérie.

“Reconnaître” l’histoire franco-algérienne

Ces références à la décolonisation s’observent également du côté de l’Algérie. La liste mentionne plusieurs figures de la cause algérienne, à l’image de Messali Hadj, un leader politique ayant joué un rôle de premier plan dans le processus menant à l’indépendance algérienne, en fondant dès 1937 le parti du peuple algérien (PPA). Dans le même esprit, on retrouve l’Émir Abdelkader, lequel s’opposa à la conquête de l’Algérie par la France au XIXe siècle. Son petit fils, Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi, considéré comme l’un des pionniers du nationalisme algérien, est également cité. À noter également la présence dans ces “portraits de France” de Baya Jurquet, militante féministe et décolonialiste, ayant notamment œuvré depuis Marseille pour le Front de libération nationale (FLN).

Des mentions qui s’inscrivent en droite ligne des préconisations de l’historien Benjamin Stora qui, dans son rapport, plaide pour une “reconnaissance” de notre histoire commune avec l’Algérie. Le chercheur préconisait notamment la construction d’une stèle à Ambroise montrant le portrait de l’Emir Abdelkader, à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie qui aura lieu en 2022.

Document HuffPost - Les 318... by Alexandre Boudet

 

À voir également sur Le HuffPost: Que faire de Colbert? Ces députés nous répondent