CHEIDAH dévoile « Totti », entre tech house et héritage italien

Avec « Totti », CHEIDAH continue de construire une place difficile à ranger dans une seule case. Entre rap mélodique, énergie club, tech house et héritage italien, l’artiste franco-québécois installé à Montréal propose un morceau en français,...

CHEIDAH dévoile « Totti », entre tech house et héritage italien

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Avec « Totti », CHEIDAH continue de construire une place difficile à ranger dans une seule case. Entre rap mélodique, énergie club, tech house et héritage italien, l’artiste franco-québécois installé à Montréal propose un morceau en français, en italien et en napolitain, produit par Darius. Une nouvelle étape dans un parcours qui semble justement trouver sa force dans le mélange des territoires, des langues et des scènes.

Il existe des artistes que l’on peut identifier en quelques secondes à une scène, un genre ou une ville. CHEIDAH semble prendre exactement le chemin inverse.

Né en France d’un père québécois et d’une mère originaire de Tufara, dans le Molise, l’artiste a grandi à Strasbourg avant de s’installer à Montréal en 2017. Une double — voire triple — appartenance géographique qui n’est pas seulement biographique : elle semble désormais devenir le cœur même de sa musique.

Avec son nouveau titre « Totti », CHEIDAH pousse cette logique encore plus loin.

Produit par Darius, le morceau mélange sonorités italiennes, tech house et écriture rap, tout en passant du français à l’italien puis au napolitain. Plus qu’un effet de style, ce choix linguistique permet à CHEIDAH de transformer ses origines en matière musicale.

« Totti », entre Rome, Naples et Montréal

Le titre lui-même donne immédiatement une direction.

Francesco Totti, légende de l’AS Roma, appartient autant à l’histoire du football qu’à une certaine mythologie populaire italienne. Utiliser son nom comme point d’entrée installe donc le morceau dans un imaginaire immédiatement reconnaissable : celui de l’Italie, de ses symboles, de son rapport à l’identité et à la transmission.

Mais CHEIDAH ne cherche pas à fabriquer un morceau « italien » au sens folklorique du terme.

Avec « Totti », ces références rencontrent une production plus électronique et résolument contemporaine. La tech house donne au morceau une dynamique tournée vers le club, tandis que l’interprétation conserve quelque chose de beaucoup plus proche du rap et de la chanson mélodique.

Le résultat se situe quelque part entre plusieurs mondes sans réellement appartenir à l’un d’entre eux.

Et c’est précisément là que CHEIDAH commence à devenir intéressant.

Une place à part dans la scène montréalaise

Depuis ses débuts, CHEIDAH navigue entre plusieurs courants.

Son parcours l’a d’abord amené vers un rap plus mélodique avant de l’ouvrir progressivement aux musiques électroniques. Au Québec, il s’est notamment intéressé à la Drum & Bass et au Baile Funk, des terrains encore relativement peu exploités dans le rap francophone local.

Cette approche lui a déjà permis d’apparaître sur les ondes de Radio-Canada, invité par Nicolas Ouellet, et de monter sur différentes scènes montréalaises, parmi lesquelles Piknic Électronik, C2 Montréal, le Quai des Brumes, le Muzique ou encore le Verre Bouteille.

Autrement dit, CHEIDAH n’évolue pas uniquement dans les circuits traditionnels du rap.

Son projet circule entre hip-hop, électronique et culture club, et cette mobilité commence à constituer une identité en elle-même.

De la Drum & Bass à la tech house

En 2025, cette transformation s’est accélérée.

Avec « Per la vie », produit par Darius m4a, CHEIDAH poussait déjà son univers vers la tech house. À l’inverse, « Ça mène à rien », produit par Dipsy à Montréal, revenait vers une forme plus dépouillée : rap plus frontal, refrain immédiatement identifiable et influences West Coast accompagnées de textures électroniques.

« Totti » semble aujourd’hui réunir ces différentes expérimentations.

Le morceau ne choisit pas entre le rap et le club.

Il les fait cohabiter.

Cette capacité à faire entrer différentes influences dans une même chanson correspond aussi au parcours personnel de CHEIDAH : un artiste français devenu montréalais, nourri par une culture familiale italienne et évoluant dans une ville où les scènes rap et électroniques se croisent en permanence.

L’Italie comme langage, pas comme décor

L’un des éléments les plus intéressants de « Totti » reste probablement l’utilisation des langues.

Passer du français à l’italien puis au napolitain aurait facilement pu devenir un simple exercice esthétique. Ici, cette pluralité correspond directement à l’histoire de l’artiste.

L’Italie existe déjà dans ses souvenirs familiaux.

CHEIDAH explique notamment que l’un de ses 1ers souvenirs de la Petite-Italie de Montréal remonte au 9 juillet 2006. Il a huit ans lorsque l’Italie remporte la Coupe du monde face à la France. Le quartier explose alors de joie.

Des années plus tard, il y vit désormais.

Cette anecdote résume presque à elle seule ce qui traverse aujourd’hui sa musique : des identités qui ne s’annulent pas mais se superposent.

Un artiste difficile à classer — et c’est peut-être sa force

À une époque où beaucoup de projets cherchent immédiatement une étiquette permettant aux plateformes de les identifier, CHEIDAH construit presque l’inverse.

Il peut partir du rap, traverser le Baile Funk, toucher à la Drum & Bass puis basculer vers une production tech house sans complètement abandonner l’écriture ou la mélodie.

Cette absence de frontière peut évidemment rendre le projet plus difficile à définir.

Mais elle peut aussi devenir son principal avantage.

Parce qu’entre Montréal, Strasbourg, le Molise, le rap et la culture club, CHEIDAH commence à occuper un espace où relativement peu d’artistes francophones se positionnent aujourd’hui.

Avec « Totti », il ne cherche donc pas seulement à ajouter une nouvelle influence à sa musique.

Il semble plutôt commencer à réunir toutes celles qui étaient déjà présentes.

Et c’est peut-être précisément dans cet entre-deux que CHEIDAH est en train de trouver sa véritable identité.