Elle rejoint Pôle emploi en pleine crise économique: Caroline raconte

CHÔMAGE -  “La récession de 2020 est la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale”, a récemment rappelé Emmanuel Macron dans Le Point. De fait, après deux confinement, la crise économique poursuit ses ravages, particulièrement en matière...

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Le bureau d'une conseillère Pôle emploi, à Pontault-Combault, le 10 septembre 2012 (Photo JACQUES DEMARTHON / AFP)

CHÔMAGE -  “La récession de 2020 est la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale”, a récemment rappelé Emmanuel Macron dans Le Point. De fait, après deux confinement, la crise économique poursuit ses ravages, particulièrement en matière de chômage. Selon les dernières projections de la Banque de France, il pourrait atteindre 11% au premier trimestre 2021.

Dans cette optique, le gouvernement a renforcé cet été le budget de Pôle emploi afin de procéder au recrutement de près de 2000 nouveaux conseillers. Parmi ces renforts, Caroline, 37 ans, conseillère en évolution professionnelle dans le Pas-de-Calais depuis fin septembre.

Enthousiaste et motivée malgré le contexte, elle explique au Huffpost pourquoi elle a choisi de rejoindre Pôle emploi en pleine crise sociale et économique et ce qu’elle y voit.

Le HuffPost: Rejoindre Pôle Emploi en plein marasme économique, cela relève de la vocation?

J’ai toujours travaillé dans les ressources humaines. Après un passage dans l’industrie, j’ai fait un bilan de compétences qui m’a conduit dans une agence de travail temporaire pendant six ans. J’ai aussi été entrepreneuse pendant deux ans. Je voulais retrouver de la stabilité mais aussi un accompagnement positif qui ne soit pas centré uniquement sur des objectifs chiffrés comme en intérim. Je découvre aussi d’ailleurs un encadrement plus positif. Dans l’intérim, tout le monde se tire dans les pattes, ici les équipes sont bienveillantes, prêtes à partager leur expertises. C’est précieux d’avoir l’aide d’un conseiller qui est là depuis 7 ou 10 ans. 

Cela ne vous inquiète pas d’être en première ligne?

Je suis dans un très bon état d’esprit, c’est vrai qu’il y a des raison d’avoir des craintes sur l’évolution du chômage, mais il faut voir comment ça évolue. On a eu une parcours de formation très intensif, où on alterne une semaine en agence, on a du tutorat. Tout cela va perdurer jusqu’à la mi-janvier. On est prêt si on doit à faire face à un afflux d’inscriptions. Et puis c’est un peu le propre du métier de s’adapter. Pour chaque demandeur, il faut définir le projet, les éventuelles formations, mais aussi s’adapter aux évolutions du marché du travail. On est là pour revaloriser, redonner confiance soi, mettre en valeurs ses compétences, montrer aux gens qu’ils savent faire des choses. C’est aussi un rôle humain, un métier d’accompagnement où on se doit d’être neutre, et de pas avoir des idées préconçues.

Certaines situations sociales doivent être très dures à vivre et à accompagner...

Il y a quelques semaines, j’ai eu un entretien où une personne de 50 ans s’est effondrée. Elle venait de perdre un emploi après 30 ans dans la même boîte, elle était épuisée. Notre rôle est aussi de rassurer, d’épauler. Sur le moment, on est dans l’empathie, je suis aussi quelqu’un de sensible. Je l’ai laissée parler. On est sorti de ce qu’on devait faire ce jour-là mais elle en avait besoin. J’ai aussi pu adoucir les angles, en lui disant qu’on allait l’accompagner, qu’elle n’était pas seule. Dans ces moments là, il faut être empathique sans rester dans la détresse des gens. Sinon, on sort la boite de mouchoirs pour deux.

Comment faites-vous pour gérer ces situations délicates?  

On a des formation là-dessus, parce que la situation de certains demandeurs d’emploi peut aussi rappeler des situations vécues, on a des formations sur comment prendre du recul. Il y a aussi des accompagnements spécialisés pour ces profils, qui peuvent suivre des demandeurs qui ont des problèmes de santé, financiers ou même d’addiction. On peut aussi diriger la personne vers une assistante sociale, car quelqu’un qui a des problèmes personnels ne peut pas forcément revenir sereinement à l’emploi. 

Pôle emploi n’a pas toujours eu une bonne image, vous aviez des appréhensions?

C’est vrai que Pôle emploi n’a pas toujours eu une image positive, parce que les gens se disent “c’est le service public”. Avant d’arriver j’ai eu le droit à des remarques de mon entourage. Ma soeur m’a dit “tu vas être en vacances toute l’année”. Ce que les gens ne savent pas c’est que même quand l’agence est fermée on continue à travailler, et moi aussi je l’ai découvert. J’ai déjà utilisé les services de Pôle emploi, ma conseillère a toujours été de bon conseil, mais je ne savais pas qu’il y avait toutes ces missions annexes. On n’est pas juste des gens dans un bureau qui sortent des offres d’emploi.

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