“La Couleur pourpre” : que vaut la superproduction historique d’Oprah Winfrey ?

Ce fut d’abord un roman best-seller. Puis, avec d’ores et déjà un tandem Spielberg-Oprah à la production, un film poliment oublié, qui restera surtout dans les annales comme la toute 1ère expérimentation d’une veine académique, historique et...

“La Couleur pourpre” : que vaut la superproduction historique d’Oprah Winfrey ?

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Ce fut d’abord un roman best-seller. Puis, avec d’ores et déjà un tandem Spielberg-Oprah à la production, un film poliment oublié, qui restera surtout dans les annales comme la toute 1ère expérimentation d’une veine académique, historique et pontifiante pour le réalisateur des Dents de la mer. Puis une comédie musicale à succès à Broadway. Et donc enfin un remake, qui en reprend la partition et l’agrémente de morceaux signés d’une panoplie de grands noms du hip hop et de la soul (Alicia Keys, Mary J. Blige, Usher…) supervisés par Quincy Jones.

Mais si La Couleur pourpre explique en surface, encore et toujours, une même histoire, celle d’une jeune noire géorgienne du début du XXe siècle traversant une vie accablée de malheurs, ballottée entre la misère, le racisme, les abus des pères et des maris, il ne semble plus expliquer grand chose d’autre qu’une histoire de la forme et de l’académisme hollywoodien. À tel point que le film ne semble là que pour faire état d’un stade terminal de sa dégénérescence, semblant pousser ses effets de style jusqu’à un point de rupture, une forme de solidification, de calcification : des grands mouvements de grue à travers les branches tombantes des saules, des déversements de lumière rasante et dorée, éternels écrins esthétiques d’une certaine mythologie du Sud, paraissant ici fossilisés dans un film qui apparaît comme une coquille aussi rutilante que creuse, cercueil vide d’un certain mélodrame historique hollywoodien et broadwayien.

Kouglof

Certaines scènes durent un plan, et ne servent qu’à faire étalage d’un travelling aérien ; d’autres sont striées de faux raccords, troquant la continuité pour des fragments clippés. C’est l’incarnation et la légèreté que l’on cherche en vain, dans cet impressionnant kouglof de bons sentiments compassionnels, de harangues grimaçantes, de prêchi-prêcha abrutissants où la musique (parfois bonne, généralement oubliable), Dieu (omniprésent – Hollywood est tout de même devenu un sacré bénitier) et les interprétations endolories ont pris le pas sur toute velléité de structure, de fluidité de récit, de limpidité de la forme. Un enfant monstrueux de Broadway, d’Hollywood et du star-system noir, oui ; un film, pas tout à fait.

La Couleur pourpre, de Blitz Bazawule, produit par Oprah Winfrey, en salle le 24 janvier