Prix Goncourt 2026 : Philippe Jaenada avoue avoir utilisé l’IA dans son roman primé
Quelques semaines après la polémique autour de Thélyson Orélien, soupçonné d’avoir fait écrire son livre par une intelligence artificielle, c’est au tour du lauréat du prix Goncourt 2026 de faire une révélation surprenante. Philippe Jaenada,...
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Quelques semaines après la polémique autour de Thélyson Orélien, soupçonné d’avoir fait écrire son livre par une intelligence artificielle, c’est au tour du lauréat du prix Goncourt 2026 de faire une révélation surprenante. Philippe Jaenada, récompensé pour L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion), a confié avoir eu recours à l’IA dans son propre roman, selon Yahoo Life France.
L’écrivain a fait cette confidence ce mercredi 4 novembre 2026, au micro de La Grande Matinale de France Inter, juste après avoir décroché la plus prestigieuse récompense littéraire française.
Trois utilisations assumées de l’intelligence artificielle
Face à Benjamin Duhamel, Philippe Jaenada a expliqué avoir utilisé ChatGPT à trois reprises dans son livre, mais pour des raisons bien différentes. Une 1ère fois pour s’amuser avec ses lecteurs, en glissant discrètement une phrase générée par l’IA dans le texte. Une deuxième fois pour tourner en dérision les réponses parfois incohérentes de l’outil sur des données techniques. Et une troisième fois, plus sérieusement, pour l’aider dans ses recherches documentaires.
Interrogé sur l’identité de la fameuse phrase cachée, l’auteur est resté évasif, préférant plaisanter plutôt que de lever le mystère publiquement. Il aurait toutefois confié l’information aux neuf membres du jury Goncourt, à huis clos, en les prévenant que toute fuite serait facilement identifiable.
Un contexte marqué par la polémique Thélyson Orélien
Cette annonce intervient dans un climat sensible pour le monde de l’édition. Le roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien avait fait l’objet d’une controverse après des soupçons d’utilisation massive de l’intelligence artificielle, puis d’accusations de plagiat sur d’autres textes de l’auteur. Ce dernier avait d’abord nié les faits avant de reconnaître s’être servi de l’IA, tout en assurant n’avoir jamais recopié de phrases générées par la machine, mais seulement utilisé l’outil pour des recherches.
Conséquence directe de cette affaire : l’ouvrage avait été retiré de la sélection avant l’annonce du prix Goncourt, et la maison d’édition canadienne de l’écrivain a depuis annoncé l’arrêt des réimpressions ainsi que la fin de sa collaboration avec lui.
Une position plus nuancée sur l’usage de l’IA
Contrairement à la ligne de défense adoptée par Thélyson Orélien, Philippe Jaenada a choisi la transparence totale, en évoquant le sujet de son plein gré après sa consécration. Pour lui, l’intelligence artificielle fait désormais partie du paysage et il serait vain de l’ignorer. Il estime qu’il faut avant tout la reconnaître publiquement, puis apprendre à s’en servir intelligemment, sans jamais se laisser remplacer par elle.
Cette prise de parole relance le débat sur la place de l’IA dans la création littéraire, alors que de plus en plus d’auteurs intègrent ces outils dans leur processus d’écriture, parfois sans le dire. La différence, selon Philippe Jaenada, tiendrait surtout dans l’honnêteté envers les lecteurs et le respect de leur confiance.