Canicule dans le Var : chaleur étouffante, risque de légionellose, des CRS refusent leur cantonnement

Les fortes chaleurs qui frappent le sud de la France ne compliquent pas seulement le quotidien des habitants. Elles perturbent aussi les conditions de travail des forces de l'ordre. Vendredi, trois compagnies de CRS ont refusé de rejoindre...

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Les fortes chaleurs qui frappent le sud de la France ne compliquent pas seulement le quotidien des habitants. Elles perturbent aussi les conditions de travail des forces de l'ordre. Vendredi, trois compagnies de CRS ont refusé de rejoindre les hébergements qui leur étaient destinés dans le Var et à Marseille, estimant que les logements ne permettaient pas d'assurer des conditions de repos acceptables. À cette chaleur jugée insupportable s'est ajouté un risque sanitaire lié à l'absence d'un contrôle obligatoire contre la légionellose.

Des chambres surchauffées dès leur arrivée

La compagnie CRS 49, venue de la Drôme pour assurer pendant un mois des missions de sécurisation sur le littoral toulonnais, a découvert des chambres particulièrement chaudes à Ollioules. Les compagnies très efficaces lors des manifestations et autres interventions du genre d'ont pas apprécié ce qu'elles ont trouvé. Selon Mamadou Diallo, responsable national des CRS pour Alliance Police nationale, "Même avec les ventilateurs en marche et les climatiseurs, il faisait déjà 29°C à 10 heures ce matin."

Les policiers ont également appris que le dépistage obligatoire de la légionellose n'avait pas été effectué alors que le bâtiment était resté inoccupé plusieurs semaines. Mamadou Diallo précise : "Le test obligatoire pour la légionellose quand le bâtiment n'a pas été occupé pendant trois semaines n'avait pas été fait, faisant courir des risques sanitaires supplémentaires avec ces fortes chaleurs."

D'autres compagnies confrontées aux mêmes difficultés

La situation ne s'est pas limitée à Ollioules. La CRS 16, attendue au lycée Val d'Argens du Muy pour intervenir dans le secteur de Fréjus, a également refusé son hébergement en raison des températures élevées. À Marseille, la CRS 14 a pris la même décision après avoir constaté que "les conditions de températures acceptables et de propreté" n'étaient pas réunies, selon l'UNSA Police. Face à l'absence de solution immédiate, les unités ont dû s'organiser autrement. La CRS 49 a finalement été redirigée vers Alès, tandis que les compagnies 16 et 14 ont passé la nuit dans leurs véhicules en attendant un relogement comme le souligne Actu 17.

Les syndicats dénoncent un manque d'anticipation

Pour les représentants syndicaux, cette situation aurait pu être évitée. Rudy Manna, porte-parole de l'UNSA, rappelle : "Lorsqu'on demande à des CRS d'assurer la sécurité de nos concitoyens, la moindre des choses c'est de leur assurer des conditions décentes d'hébergement." Selon BFMTV, Alliance Police nationale souligne également que le problème est récurrent.

Selon Mamadou Diallo, deux autres compagnies avaient déjà refusé leur cantonnement à Ollioules à la fin du mois de juin pour des raisons similaires, sans que des mesures correctives n'aient été mises en place. Alors que le Var reste placé en vigilance orange canicule avec des températures dépassant localement les 36°C, les organisations syndicales réclament désormais une meilleure anticipation des hébergements destinés aux effectifs mobilisés pendant la saison estivale.