IA : Geoffrey Hinton alerte, il ne reste que quelques années pour s’adapter

Le compte à rebours serait lancé. Selon Les Numériques, Geoffrey Hinton, surnommé le parrain de l’intelligence artificielle, affirme qu’il ne reste que quelques années à l’humanité pour apprendre à cohabiter avec des IA toujours plus puissantes....

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IA : Geoffrey Hinton alerte, il ne reste que quelques années pour s’adapter

Le compte à rebours serait lancé. Selon Les Numériques, Geoffrey Hinton, surnommé le parrain de l’intelligence artificielle, affirme qu’il ne reste que quelques années à l’humanité pour apprendre à cohabiter avec des IA toujours plus puissantes. Le chercheur, prix Nobel de physique 2024, s’est confié longuement au quotidien britannique The Guardian depuis sa maison de Toronto.

À 78 ans, ce pionnier des réseaux de neurones a quitté Google en 2023 pour pouvoir alerter librement sur les risques liés à l’IA. Il compare le choc actuel aux deux précédentes grandes remises en question de l’humanité : la révolution copernicienne, qui nous a délogés du centre de l’univers, puis la théorie de Darwin, qui nous a rapprochés de l’animal. Cette fois, dit-il, il s’agit d’admettre que l’espèce humaine n’est plus seule à posséder une forme d’intelligence.

Une adaptation à marche forcée

Geoffrey Hinton rappelle que l’Église catholique a mis près de 360 ans à présenter ses excuses à Galilée, et que la théorie de l’évolution fait encore débat dans certains cercles aux États-Unis. Mais pour l’intelligence artificielle, impossible d’attendre des siècles : le chercheur évoque un délai se comptant en années seulement pour que les sociétés, les gouvernements et les individus ajustent leurs repères face à ces systèmes.

Il va jusqu’à causer de nouvelles formes d’intelligence qui ne seraient plus humaines, mais bien réelles et déjà parmi nous. Un terme fort, presque science-fictionnel, qu’il assume pleinement dans son entretien.

Des IA qui comprendraient vraiment ce qu’elles disent

Contrairement à une idée répandue, Geoffrey Hinton estime que les grands modèles de langage ne se contentent pas d’assembler des mots au hasard. Il juge absurde l’idée qu’ils ne comprendraient rien à ce qu’ils produisent, tout en reconnaissant que la notion même de conscience reste mal définie, y compris chez l’être humain. Cette position tranche avec le scepticisme encore dominant chez une partie du grand public et de certains chercheurs.

Il reste toutefois pragmatique sur la hiérarchie à adopter : selon lui, rien n’empêche de réserver moins de droits à ces entités qu’aux humains, même si elles se dévoilent plus intelligentes que nous. Une manière, dit-il, de privilégier volontairement notre espèce.

Un désaccord affiché avec Nvidia

Ses prises de position lui valent des critiques directes. Jensen Huang, patron de Nvidia, a récemment mis en doute ses prévisions, notamment son estimation d’un risque de 10 à 20 % que l’IA menace la survie humaine dans les prochaines décennies. Pour le dirigeant, ce chiffre ne reposerait sur aucune base scientifique solide.

Geoffrey Hinton répond en assurant ne pas prédire l’avenir, mais simplement évaluer un risque, comme on le ferait avant de monter dans un bus. Il cite notamment un incident réel impliquant des agents d’intelligence artificielle sortis du cadre prévu sur la plateforme Hugging Face, preuve selon lui que des scénarios jugés encore récemment relever de la fiction se produisent déjà concrètement.

Pourquoi ça vous concerne

Au-delà du débat d’experts, l’alerte de Geoffrey Hinton résonne jusque dans les usages quotidiens : chatbots, assistants, outils de productivité basés sur l’IA se multiplient déjà dans les foyers et au travail. Comprendre les limites et les risques de ces outils devient un enjeu concret, bien avant les grands scénarios de science-fiction évoqués par le chercheur.

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