Le top 10 des films de l’année par le pape du trash John Waters

Celui à qui l’on doit le campissime Female Trouble (1972), le vintage Cry-Baby (1990) ou encore le chevelu Hairspray (1988) a confié au magazine Artforum sa liste des dix meilleurs films de l’année. La réputation du cinéaste n’est plus à faire :...

Le top 10 des films de l’année par le pape du trash John Waters

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Celui à qui l’on doit le campissime Female Trouble (1972), le vintage Cry-Baby (1990) ou encore le chevelu Hairspray (1988) a confié au magazine Artforum sa liste des dix meilleurs films de l’année.

La réputation du cinéaste n’est plus à faire : lui seul est capable d’inviter sa muse Divine dans les bas-fonds outrageusement punk de Baltimore, tantôt en serial-killeuse prostituée, tantôt en mère de famille un brin névrotique.

Convoquant des références musicales (le rock’n’roll et le twist de Hairspray), esthétiques (l’adolescence à la James Dean dans Cry-Baby) et télévisuelles (faisant de Kathleen Turner une housewife au bord de la crise de nerfs dans Serial Mother), le cinéma de John Waters est à lui seul un manifeste de cinéma qui fait des marges le seul vrai lieu de la révolution esthétique et sexuelle.

Dans ce top annuel, désormais une habitude pour le cinéaste qui s’adonne à de petits commentaires sur chaque film, on découvre des films acclamés jusqu’à Cannes et d’autres moins médiatisés, à l’esprit queer et à l’esthétique porno. Le cinéma français peut d’ailleurs se targuer de figurer à quatre reprises dans ce top, qu’il s’agisse d’un épopée musicale et amoureuse, d’une satire médiatique ou d’un film de potes animalier.

On apprend également que le cinéaste a failli inclure Madres paralelas d’Almodóvar, sorti mercredi dernier en France : il a remplacé le film par un choix des moins iconoclastes…

1. Annette de Leos Carax

“Une comédie musicale des Sparks folle, exubérante et qui ne se refuse rien.

2. Summer of Soul (…ou quand la révolution n’a pas pu être télévisée) de Questlove

Surnommé le Black Woodstock, le film documente un concert donné à Harlem en 1969 : “Attendez de voir Nina Simone – jamais vue plus en colère ! Elle déchire, tout comme le film.

3. Vortex de Gaspard Noé

“Un drame déprimant sur la mort, le plus humain et sérieux de son réalisateur, claustrophobe et terrifiant.

4. France de Bruno Dumont

“Les longs plans du cinéaste et ses cruels plot twists font de cette attaque des médias et de leurs consommateurs voraces une critique virulente du risque émotionnel d’exister dans l’œil du public.

5. The Most Beautiful Boy In The World de Kristina Lindström

“Les dangers de l’enfance star, pour ce garçon qui est passé du statut de “plus beau” à “plus bousillé”.

6. Mandibules de Quentin Dupieux

“Le film le plus stupide de l’année. […] Également le plus drôle et le plus charmant.

7. Red Rocket de Sean Baker

“Enfin, la baise, la baston et la nudité frontale sont de retour dans le cinéma d’art et essai, là où elles appartiennent.

8. The Tragedy of Macbeth de Joel Coen

“Si Bergman revenait d’entre les morts pour réaliser une adaptation de Shakespeare.

9. Saint-Narcisse de Bruce LaBruce

Catholique, sexy, pieux et tordu.

10. The Onania Club de Tom Six

“Souvent mal foutu mais hilarant par moments, le film a été refusé par les distributeurs du monde entier. […] Vous ne parviendrez probablement jamais à le regarder. Sûrement un mal pour un bien…