Pâtes de supermarché en France : 60 Millions de consommateurs détecte du cadmium dans 34 paquets sur 36, E.Leclerc et U épargnés
Dans les placards français, les pâtes sont un réflexe du quotidien, mais leur innocuité vient d’être sérieusement questionnée. Le magazine de défense des consommateurs 60 Millions de consommateurs a analysé 36 paquets de penne et de spaghetti...
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Dans les placards français, les pâtes sont un réflexe du quotidien, mais leur innocuité vient d’être sérieusement questionnée. Le magazine de défense des consommateurs 60 Millions de consommateurs a analysé 36 paquets de penne et de spaghetti de grandes marques et de distributeurs, et près de 8 sur 10 contenaient du cadmium, un métal lourd classé cancérogène. Seules deux références sortent du lot sans aucune trace détectable.
Les résultats, publiés jeudi 27 août et relayés par plusieurs médias, montrent que seuls les penne sans gluten Marque Repère (E.Leclerc) et ceux de la marque U sont totalement exempts de cadmium. Tous les paquets restent en dessous de la limite européenne fixée à 0,18 mg/kg de blé dur, mais ce métal s’accumule dans l’organisme au fil des années, de quoi interroger un aliment consommé en moyenne à 9,3 kg par an et par habitant.
Ce que dévoile l’étude sur le cadmium dans les pâtes de supermarché
Le comparatif de 60 Millions porte sur 18 paquets de penne et 18 de spaghetti, classiques, complets, protéinés ou sans gluten. Aucun des 36 produits ne dépasse le seuil réglementaire, pourtant, les teneurs varient fortement : les penne complètes Delverde ne contiennent que 0,009 mg/kg de cadmium quand les penne complètes Barilla montent à 0,066 mg/kg, avec 0,071 mg/kg pour les spaghetti de la même gamme. Plus des deux tiers des Français mangeant des pâtes au moins une fois par semaine, l’exposition répétée devient un enjeu de santé publique.
La rédactrice en chef Sylvie Metzelard rappelle que le cadmium "s’accumule petit à petit dans notre corps, particulièrement dans les reins, et s’élimine très difficilement". Dans son scénario, un enfant de 40 kg qui mange cinq portions de 60 g de pâtes par semaine ingère environ 21 microgrammes de cadmium, soit plus d’un cinquième de la dose hebdomadaire tolérable avec ce seul aliment.
Deux paquets sans cadmium, des dizaines d’autres contaminés
Dans ce panorama chargé, les penne sans gluten Marque Repère et celles de chez U font figure d’exception, seules références sans cadmium détecté. Les autres marques testées, comme Barilla, Lustucru, Rummo ou Panzani, en contiennent à des niveaux variables. Le phénomène vient des sols : ce métal est naturellement présent mais aussi apporté par certains engrais phosphatés. Quand le blé dur pousse sur un terrain chargé en cadmium, les pâtes le reflètent ensuite dans l’assiette. Début juin, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté une proposition de loi écologiste pour réduire les taux autorisés de cadmium dans ces engrais.
Limiter son exposition au cadmium en choisissant ses pâtes
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l’alimentation représente, hors tabac, la principale source d’exposition au cadmium, classé "cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction". Le métal ne se cache pas que dans les pâtes : pain, chocolat ou pommes de terre en contiennent aussi, parfois en grande quantité. Un autre comparatif, mené par l'UFC-Que Choisir sur des fusilli et torsades, montre que le problème dépasse largement les seules penne et spaghetti.
- L’association souligne qu’"sur les 14 pâtes blanches testées, les 4 références bios affichaient une teneur en cadmium deux fois plus faible que celle des 10 non labellisées".
- Alterner les marques, les formes de pâtes et les féculents limite la dépendance à une seule source potentielle de cadmium.
- Rester attentif aux études de consommateurs et aux évolutions réglementaires permet d’ajuster ses achats au fil du temps.
Sources
- Aufeminin
«“Trop de cadmium” : voici les pires pâtes de supermarché selon l’UFC-Que Choisir»