Richie Beats et Dinos donnent la marche à suivre : « Tu vis, t’apprends »
À l’heure où Booba dévoile « Blanco Nemesis », Richie Beats n’en est plus à ses 1ers coups d’éclat. Déjà présent sur « Nero Nemesis » du Duc, mais aussi sur l’album de Nekfeu, le beatmaker s’est imposé dans l’ombre comme un artisan incontournable....
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À l’heure où Booba dévoile « Blanco Nemesis », Richie Beats n’en est plus à ses 1ers coups d’éclat. Déjà présent sur « Nero Nemesis » du Duc, mais aussi sur l’album de Nekfeu, le beatmaker s’est imposé dans l’ombre comme un artisan incontournable. Pourtant, au détour d’une entrevue, il confiait lui-même « ne pas penser durer aussi longtemps ». Une lucidité qui contraste avec la constance de son parcours. Aujourd’hui, il prépare le second volet de son projet « Oh My God », confirmant une ambition qui dépasse largement le cadre de la simple production.
Car Richie Beats ne se contente pas de composer : il façonne. De la direction artistique aux toplines, jusqu’à l’écriture, il construit des univers. Une approche globale, presque cinématographique, nourrie par une vision profondément américaine de la musique.
Pour ouvrir cette nouvelle étape, il s’entoure de Dinos, figure singulière du rap français, à la fois introspective, prolifique et solidement installée dans le paysage. Depuis qu’il a quitté l’ère « Helsinki », l’artiste a franchi un cap avec « Taciturne » puis « Stamina », avant de sublimer ses failles à travers « Kintsugi ». Un projet marqué par la résilience, qui s’est écoulé à près de 20 000 exemplaires en 1ère semaine, confirmant une nouvelle fois que Dinos s’inscrit dans le temps long.
Avec « Tu vis, t’apprends », les deux artistes livrent une pièce maîtresse, pensée comme l’ouverture du second chapitre de l’œuvre de Richie Beats.
Richie Beats et Dinos donnent la marche à suivre : « Tu vis, t’apprends »
La composition instrumentale, signée Richie Beats, Jeezie Beats et Zafy, impose immédiatement une atmosphère singulière. Zafy, multi-instrumentiste, y déploie un saxophone et un piano qui ancrent le morceau dans une esthétique résolument jazzy.
Si aux États-Unis certains artistes — à l’image de Kendrick Lamar — ont déjà exploré ces textures avec audace, le rap français reste encore timide face à ces influences. Le jazz n’y a jamais connu le même rayonnement culturel. Pourtant, ici, l’alchimie opère pleinement : cette couleur musicale épouse parfaitement un Dinos plus apaisé, mais toujours traversé par ses contradictions.
« Là d’où j’viens, les gens n’ont pas d’aide, là d’où j’viens, les anges n’ont pas d’ailes
Sous Desert Eagle, parce que la violence se note sans barème »
Loin des démonstrations de force habituelles, Richie Beats fait ici un choix artistique fort. Plutôt que de réunir une armada de têtes d’affiche sur un posse cut frontal, il privilégie la nuance : une ballade nocturne, introspective, portée par un Dinos d’une justesse rare. Une manière élégante de rappeler que, parfois, la puissance réside dans la retenue.