Bally Bagayoko à l'aube de la présidentielle, le maire est appelé à "reconsidérer sa position"
À Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko refuse de changer de position. Il s'agit d'une décision assumée depuis le début de son mandat et revendiquée comme un geste politique. En effet, le mercredi 6 mai, le préfet a...
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À Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko refuse de changer de position. Il s'agit d'une décision assumée depuis le début de son mandat et revendiquée comme un geste politique. En effet, le mercredi 6 mai, le préfet a demandé à l'élu de "reconsidérer sa position" et de "veiller au respect de la tradition républicaine". Bally Bagayoko n'entend pourtant pas changer d'avis. Une situation qui soulève une question concrète : un maire peut-il vraiment aller à l'encontre de la demande d'un préfet, figure majeure de l'État ?
Bally Bagayoko refuse d'abandonner sa position
Dès le mois d'avril, les journalistes avaient constaté qu'un portrait avait quitté le mur du bureau du nouveau maire. Il se trouvait retourné dans un coin. Bally Bagayoko a depuis expliqué que son geste "relevait de la symbolique". Pour justifier son refus, l'élu a précisé qu'il laisserait le portrait retourné "tant que la République n'était pas en capacité de corriger les inégalités".
Le préfet Julien Charles lui a donc écrit pour lui demander de revenir sur cette décision. Selon lui, l'affichage de ce portrait constitue un usage de la République et "sa fonction est de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques".
Peut-on obliger un maire à afficher le portrait du president ?
La réponse donnée par les experts est claire : non. L'affichage du portrait présidentiel, en l'occurrence celui d'Emmanuel Macron, dans une mairie ne relève d'aucune obligation légale. Le préfet le reconnait lui-même dans son courrier : "L'accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine".
Bally Bagayoko, recadré par le gouvernement, peut donc maintenir sa décision. Le maire a d'ailleurs répondu : "Cette lettre n'a pas lieu d'être, le préfet le confirme lui-même : notre démarche s'inscrit dans une parfaite légalité et nous l'assumons pleinement." Puis, l'élu a confirmé que sa position ne changerait pas : "Le portrait restera accroché tant que l'État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain, notamment envers les habitants de notre territoire."
Le maire de Saint-Denis assume un geste politique
Au-delà de la question du portrait, Bally Bagayoko inscrit son choix dans son positionnement politique. Le maire de Saint-Denis soutient Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2027 et dit attendre "l'avènement d'une gauche de rupture et d'un nouveau président". Enfin, l'affaire rappelle d'autres décrochages des portraits d'Emmanuel Macron.
Plusieurs militants écologistes ont été poursuivis ces dernières années après avoir décroché et emporté des portraits présidentiels pour dénoncer l'inaction de l'État face à l'urgence climatique. Certains ont reçu des amendes pour vol, tandis que d'autres ont été relaxés, notamment au nom de la liberté d'expression.