Avec “Irréductible”, Jérôme Commandeur fonce droit dans le mur

La semaine dernière, et après une tournée de plusieurs mois un peu partout en France, c’est dans un multiplex parisien que Jérôme Commandeur présentait son deuxième long métrage, Irréductible. Une comédie dans la lignée de Francis Veber et...

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La semaine dernière, et après une tournée de plusieurs mois un peu partout en France, c’est dans un multiplex parisien que Jérôme Commandeur présentait son deuxième long métrage, Irréductible. Une comédie dans la lignée de Francis Veber et Philippe de Broca, promettait le principal intéressé, censée exploiter le caractère chafouin et râleur du peuple “d’irréductibles gaulois” que sont les Français·es.

De cet amour pour les récits d’aventures au charme désuet, qui nous aura fait espérer pendant un très bref instant une bonne comédie populaire (sentiment renforcé par la présence au casting de Laetitia Dosch), Jérôme Commandeur ne restitue que l’exotisme colonial fantasmé. Le tout dans un défilé de décors allant du chaud (la jungle) au froid (la neige) et peuplés d’autochtones sans nom.

Dans ce voyage autour du monde, Commandeur s’invente en la personne de Vincent Peltier, un fonctionnaire beauf installé à Limoges. Très sûr et heureux de son petit pouvoir, il troque des permis de chasse contre des mets onéreux. Un jour, un plan économique visant à licencier une partie de ces travailleurs·euses – qui passent leur journée au bistro à siffler des coups de rouge (c’est bien connu, ces gros flemmards) – vient briser sa petite routine de fonctionnaire corrompu. Vincent Peltier, plus que jamais prêt à conserver son poste de planqué et ses privilèges, fait appel au ponte des syndicalistes incarné ici par Christian Clavier, béret sur la tête et boucle à l’oreille.

Un film réac

Le problème avec cette logique du “je t’aime moi non plus” revendiqué haut et fort par Commandeur et inscrit dans le film par une intervention on ne peut plus chauvine d’un Gérard Depardieu vantant les mérites de la France, son odeur de foin, le doux ronron d’une 2 CV roulant sur le goudron brûlant (vraiment ?), c’est qu’il manque cruellement de cette distance nécessaire pour pouvoir rire et s’amuser de la médiocrité de ces personnages veules.

Passé sa faiblesse d’écriture et de mise en scène, le film devient carrément désagréable. Voire même irritant quand ce manquement se dévoile être en réalité extrêmement conscient de dérouler, sans complexe, ni ironie, tout un lot hallucinant de blagues sexistes, misogynes, homophobes, racistes, nourrissant au passage une idéologie rance et nauséabonde. Commandeur semble regretter tendrement la France d’avant où l’on pouvait rire de tout. Pas nous.

Irréductible de Jérôme Commandeur, en salle le 29 juin