Impôts : une « année blanche » pour 2027, cette idée doucement murmurée au gouvernement
Et si 2027 marquait une pause pour les revalorisations automatiques ? Alors que l’exécutif cherche désespérément des économies pour redresser les finances publiques, l’idée d’une « année blanche » commence à refaire surface. Une hypothèse qui...
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Et si 2027 marquait une pause pour les revalorisations automatiques ? Alors que l’exécutif cherche désespérément des économies pour redresser les finances publiques, l’idée d’une « année blanche » commence à refaire surface. Une hypothèse qui pourrait directement concerner les dépenses publiques, mais aussi le portefeuille des contribuables.
Une piste désormais assumée par le gouvernement
Le sujet n’est plus totalement tabou. Interrogé sur cette possibilité vendredi 31 juillet sur Sud Radio, le ministre des Comptes publics David Amiel a reconnu qu’un débat devait avoir lieu sur les « augmentations » et les « indexations automatiques indifférenciées ». La veille, le ministre de l’Économie avait lui-même qualifié l’année blanche de « manière efficace de faire des économies ». Concrètement, le principe serait de reconduire certains montants de 2026 en 2027, sans leur appliquer les revalorisations liées à l’inflation. Les prestations sociales ou encore les pensions de retraite pourraient ainsi être concernées. Mais une autre mesure inquiète davantage les contribuables.
Le barème de l’impôt pourrait aussi être concerné
Une année blanche peut également passer par le gel du barème de l’impôt sur le revenu. Habituellement, les tranches sont revalorisées pour tenir compte de l’inflation. Si cette actualisation disparaissait, certains ménages pourraient mécaniquement payer davantage d’impôts, notamment lorsque leurs revenus augmentent simplement pour suivre la hausse des prix. Pour l’instant, rien ne permet toutefois d’affirmer que cette mesure sera appliquée. Le gouvernement n’a donné ni périmètre précis ni montant d’économies attendu. Cette prudence est d’autant plus importante que la piste pourrait rapidement devenir explosive politiquement.
Une économie qui pourrait se chiffrer en milliards
L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle. Lorsqu’il était Premier ministre, François Bayrou avait déjà défendu une année blanche pour le budget 2026. Selon ses estimations, cette décision aurait alors permis de réaliser environ 7 milliards d’euros d’économies. Plus récemment, une mission d’économistes chargée de réfléchir au redressement des comptes publics a également estimé que cette piste ne devait pas être écartée pour 2027. Les experts évaluent à 126 milliards d’euros l’effort nécessaire d’ici 2032 pour stabiliser le déficit et contenir le poids des intérêts de la dette.
Les contribuables pourraient donc être mis à contribution
Le contexte budgétaire explique cette réflexion. À politique inchangée, le déficit public pourrait atteindre 5,9 % du PIB en 2027, avant de grimper encore. Or la France entend toujours repasser sous la barre des 3 % en 2029. Dès lors, le gouvernement cherche plusieurs leviers : réduire les dépenses, augmenter certaines recettes et soutenir la croissance. Une éventuelle année blanche pourrait donc devenir l’un des instruments utilisés pour atteindre ces objectifs. Reste désormais à savoir jusqu’où ira le gel. Car derrière une mesure présentée comme temporaire se cache une conséquence très concrète : pour certains Français, l’absence de revalorisation pourrait bel et bien se traduire par une facture fiscale plus élevée en 2027.