Inès Defontaine détourne « Sois belle et tais-toi » avec « Ma Belle »

« Sois belle et tais-toi. » Avec son nouveau single « Ma Belle », Inès Defontaine s’attaque à cette vieille injonction qui continue de peser sur les femmes. L’artiste franco-marocaine ne choisit pourtant ni le slogan frontal ni le discours...

Inès Defontaine détourne « Sois belle et tais-toi » avec « Ma Belle »

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« Sois belle et tais-toi. » Avec son nouveau single « Ma Belle », Inès Defontaine s’attaque à cette vieille injonction qui continue de peser sur les femmes. L’artiste franco-marocaine ne choisit pourtant ni le slogan frontal ni le discours militant appuyé. Elle préfère suggérer, jouer avec les images et laisser les métaphores révéler ce que la société attend encore trop souvent des femmes : être regardées, jugées et mises en scène sans forcément avoir le droit de prendre la parole.

Sorti le 19 juin 2026, « Ma Belle » poursuit la construction d’un univers musical situé à la croisée de la pop, de la variété française et des sonorités orientales. Un métissage qui ne relève pas du simple habillage esthétique. Chez Inès Defontaine, il traduit une identité franco-marocaine pleinement assumée et une volonté de faire dialoguer plusieurs cultures sans avoir à choisir entre elles.

Un métissage culturel jusque dans la composition

La composition instrumentale de « Ma Belle » est signée par Inès Defontaine elle-même, aux côtés d’Anthony Hassine. Le compositeur a notamment participé au titre « C’est plus l’heure » de DJ Hamida, ainsi qu’à « RGPV » d’Achim. Leur collaboration donne naissance à une production où les codes contemporains de la pop rencontrent des couleurs orientales plus organiques.

Cette double influence permet au morceau d’éviter les catégories trop rigides. La production accompagne la voix d’Inès sans l’écraser et laisse une place importante au texte. Derrière une proposition musicale accessible se dessine ainsi une réflexion beaucoup moins légère sur le regard porté sur les femmes et sur les rôles qui leur sont encore assignés.

Être regardée sans devenir un simple décor

Le clip, réalisé par Juliette Megevand, prolonge intelligemment cette idée. Filmée autour d’une piscine, Inès Defontaine évolue au milieu de personnages qui semblent tous prendre la pose. Tout le monde participe à cette mise en scène sociale, sauf elle. L’artiste demeure en mouvement, comme si elle refusait de devenir à son tour une image figée ou un simple objet décoratif.

Parmi les scènes les plus singulières, un homme âgé apparaît assis à ses pieds. La composition pourrait presque ressembler à un tableau, à la fois pittoresque, étrange et volontairement ambigu. Plutôt que de livrer une explication toute faite, la vidéo accumule les contrastes et laisse le spectateur interpréter les rapports de pouvoir qui traversent les images.

Une attention particulière a également été portée à la photographie. Les couleurs, les corps, les poses et le décor de la piscine composent un ensemble très esthétique, mais cette beauté n’est jamais totalement innocente. Elle devient précisément le terrain sur lequel Inès Defontaine questionne les apparences et la manière dont les femmes sont observées, exposées ou enfermées dans une représentation.

Une parole intime sur des sujets collectifs

Née à Paris et ayant grandi au Maroc, Inès Defontaine développe une écriture qui navigue entre le français et la darija. Elle explique sa génération, celle des années 1990, à travers ses histoires d’amour, ses doutes, ses contradictions et sa recherche d’une place dans un monde en perpétuelle transformation.

Son engagement traverse naturellement ses chansons. Le droit des femmes, les communautés LGBTQIA+, la santé mentale ou encore les nouvelles relations amoureuses font partie des sujets qu’elle souhaite aborder. Sa démarche ne consiste cependant pas à transformer chaque morceau en manifeste. Inès privilégie une approche sensible dans laquelle l’intime permet de faire émerger des problématiques collectives.

Après avoir dévoilé deux singles en 2026, dont « Miskina » puis « Ma Belle », Inès Defontaine prépare désormais son 1er projet, attendu pour la fin de l’année. Une prochaine étape qui devrait lui permettre de préciser davantage cet univers où la pop française rencontre les héritages musicaux du Maroc, mais aussi d’affirmer une voix qui refuse justement de se taire.

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