Jeux vidéo : pourquoi LFI veut garantir l’accès aux jeux après la coupure des serveurs

Que se passe-t-il quand un éditeur décide de fermer les serveurs d’un jeu que vous avez acheté ? C’est la question posée par une proposition de loi de La France insoumise, examinée jeudi 29 octobre à l’Assemblée nationale, selon franceinfo....

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Jeux vidéo : pourquoi LFI veut garantir l’accès aux jeux après la coupure des serveurs

Que se passe-t-il quand un éditeur décide de fermer les serveurs d’un jeu que vous avez acheté ? C’est la question posée par une proposition de loi de La France insoumise, examinée jeudi 29 octobre à l’Assemblée nationale, selon franceinfo. L’objectif affiché : permettre aux joueurs de continuer à accéder à leurs jeux, même après l’arrêt de leur exploitation en ligne.

Le texte a été déposé lors de la niche causementaire du parti, ce créneau réservé qui permet à un groupe politique de faire avancer ses propres propositions de loi. Il est porté par le député LFI Ugo Bernalicis et vise, selon son intitulé, à garantir les droits des joueurs et joueuses ainsi que la pérennité des jeux vidéo.

Un rôle élargi pour la BnF

Concrètement, LFI souhaite que la Bibliothèque nationale de France puisse récupérer une copie d’un jeu abandonné par son éditeur pour le proposer ensuite au public. La BnF conserve déjà plus de 22 000 jeux et consoles au titre de la préservation du patrimoine culturel, l’une des plus grandes collections de ce type. Mais avec cette proposition, l’institution ne se contenterait plus d’archiver : elle deviendrait aussi distributrice de jeux auprès des joueurs, un rôle totalement nouveau pour elle.

L’idée séduit forcément celles et ceux qui ont déjà vu un jeu payé disparaître du jour au lendemain. Mais sa mise en œuvre soulève plusieurs obstacles techniques et juridiques qui ne sont pas anodins.

Un défi technique et financier

Stéphane Rappeneau, professeur d’économie du jeu vidéo à la Sorbonne, interrogé par franceinfo, pointe d’abord un problème de moyens : la bande passante nécessaire pour héberger et distribuer des milliers de titres coûte cher, alors que le catalogue mondial ne cesse de grossir. À titre de comparaison, plus de 22 000 jeux sont sortis sur la seule plateforme Steam depuis le début de l’année, un volume difficile à absorber pour une institution publique.

L’autre écueil concerne les licences logicielles. Un jeu vidéo s’appuie souvent sur des moteurs comme Unity ou Unreal, dont l’usage est encadré par des contrats très stricts. Selon le chercheur, ces licences sont pensées pour une exploitation commerciale classique, et non pour une diffusion gratuite et pérenne par un organisme comme la BnF.

Un mouvement plus large pour la préservation des jeux

Cette proposition de loi ne sort pas de nulle part. Elle intervient après l’annonce de Sony sur l’arrêt de la production de disques physiques pour ses jeux PlayStation, et après le choix de Rockstar Games de sortir GTA VI uniquement en version dématérialisée. Elle s’inscrit aussi dans la continuité du mouvement international Stop Killing Games, qui milite pour que les joueurs gardent accès à leurs jeux après leur désactivation par les éditeurs, notamment lors de la coupure des serveurs.

Pour les 18-35 ans qui ont grandi avec des bibliothèques de jeux entièrement numériques, le débat touche à une inquiétude bien réelle : celle de payer pour un contenu qui peut disparaître sans préavis. Reste à voir si cette proposition de loi aboutira concrètement, et comment elle pourrait s’articuler avec les contraintes techniques soulevées par les spécialistes du secteur.