Mauvaise nouvelle pour les chômeurs : la durée de leur indemnisation va drastiquement baisser

Si vous comptiez lever le pied quelques mois grâce à une rupture conventionnelle pour monter votre petite affaire ou simplement souffler après un management toxique, il va falloir revoir vos plans. Le couperet est tombé et la pilule risque...

Mauvaise nouvelle pour les chômeurs : la durée de leur indemnisation va drastiquement baisser

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Si vous comptiez lever le pied quelques mois grâce à une rupture conventionnelle pour monter votre petite affaire ou simplement souffler après un management toxique, il va falloir revoir vos plans. Le couperet est tombé et la pilule risque d'être dure à avaler. Adoptée par l'Assemblée nationale le 26 mai dernier, la réforme de l'assurance chômage est désormais entrée en vigueur. Comme le rapporte Presse-Citron, elle réduit la durée maximale d'indemnisation pour certains salariés quittant leur entreprise à l'amiable. Une mauvaise surprise pour ceux qui espéraient prendre quelques mois pour rebondir.

La durée d'indemnisation réduite, ce qui change pour votre portefeuille

Créée en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la rupture conventionnelle permet à un salarié et à son employeur de mettre fin au contrat d'un commun accord. Mais depuis le 1er septembre 2026, les règles de l'assurance chômage ont changé pour les personnes concernées par une rupture conventionnelle individuelle. Si vous avez moins de 55 ans, oubliez donc vos doux rêves de 18 mois de tranquillité relative : la durée maximale d'indemnisation est désormais plafonnée à 15 mois. Pour les salariés âgés de 55 ans et plus, le plafond atteint 20,5 mois. Fini le temps où l'on pouvait confortablement réfléchir à son avenir professionnel depuis son canapé.

Précision importante : le montant de l'allocation chômage ne se retrouve pas directement diminué. C'est bien la durée maximale pendant laquelle elle peut être versée qui va avoir droit à une réduction. Pour les personnes concernées, la conséquence peut néanmoins être lourde lorsque les droits arrivent à leur terme. De son côté, l'Exécutif assume ce tour de vis. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a notamment défendu l'idée que les salariés ayant recours à la rupture conventionnelle se retrouvent en moyenne plus qualifiés et restent plus longtemps au chômage. Un argument destiné à justifier cette évolution des règles, qui risque de faire grincer des dents chez ceux qui comptaient sur ce dispositif pour préparer leur reconversion.

Un coup de bambou pour les chômeurs qui pourrait surtout toucher les salariés modestes

Mais la réalité du terrain est plus complexe. Citant les travaux du doctorant en sociologie Gwendal Roblin, Presse-Citron rappelle que les cadres ne représentent qu'environ 20 % des ruptures conventionnelles. Les employés sont, eux, particulièrement nombreux à utiliser ce dispositif, qui constitue pour certains une véritable porte de sortie lorsqu'ils souhaitent quitter un emploi difficile tout en conservant un filet de sécurité.

Pour ces travailleurs, la réduction de la durée maximale d'indemnisation pourrait donc compliquer certains projets de reconversion. Le chercheur cité par Presse-Citron alerte notamment sur le risque de voir certains salariés hésiter davantage à quitter un emploi pénible, faute de pouvoir compter suffisamment longtemps sur l'assurance-chômage. La rupture conventionnelle ne disparaît évidemment pas. Mais pour ceux qui comptaient l'utiliser afin de créer leur entreprise, changer de voie ou simplement souffler avant de retrouver un emploi, le filet de sécurité se resserre. Et pour certains salariés, le changement pourrait bien être difficile à encaisser.