Repas à 1 euro au Crous: le problème de taille que personne n’a vu venir

Le repas universitaire à 1 euro pour tous les étudiants inquiète par son financement et sa mise en œuvre. MCE vous explique pourquoi cette mesure généreuse fait craindre une saturation des restaurants universitaires. Crous : l’extension d’une...

Repas à 1 euro au Crous: le problème de taille que personne n’a vu venir

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Repas à 1 euro au Crous: le problème de taille que personne n’a vu venir

Le repas universitaire à 1 euro pour tous les étudiants inquiète par son financement et sa mise en œuvre. MCE vous explique pourquoi cette mesure généreuse fait craindre une saturation des restaurants universitaires.

Crous : l’extension d’une mesure populaire

L’extension du repas à un euro pour tous les étudiants dans les restaurants universitaires est une décision politique majeure. Il s’agit d’une des mesures du budget arrachée par les députés socialistes lors des négociations causementaires.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a dû entériner ce compromis pour faire passer le budget global. Il en a dit plus ce jeudi sur RMC.

“C’est un budget de compromis aussi qu’on a fait. Ce n’était pas une mesure que je poussais beaucoup, mais c’était une mesure très importante pour le PS. C’est une mesure qui va bénéficier globalement sur les étudiants. On va le faire dès le mois de mai, pour tout le monde et on accompagnera les Crous pour que ça fonctionne”. 

Cette initiative vise à remplacer le système actuel où le repas coûte 3,30 euros pour la majorité des étudiants. Seuls les élèves boursiers bénéficiaient jusqu’à présent du tarif d’un euro par repas. Dès le mois de mai prochain, cela sera étendu à l’ensemble des étudiants.

La mesure est saluée par les étudiants eux-mêmes. Pour beaucoup, la différence entre 3,30 euros et 1 euro représente un gain de pouvoir d’achat non négligeable. Dans un contexte d’inflation, chaque économie compte.

Le gouvernement s’est engagé à accompagner les Crous pour que cette transition se déroule dans les meilleures conditions possibles. Mais des inquiétudes émergent quant aux conséquences de cette généralisation.

Malgré les bonnes intentions affichées, cette mesure soulève déjà de sérieuses questions de mise en œuvre. Les capacités d’accueil des Crous semblent insuffisantes pour absorber l’afflux potentiel d’étudiants. Cette crainte est partagée par le personnel.

Les craintes d’une saturation

La principale inquiétude concerne la possible explosion de la fréquentation des Crous déjà saturés. Des étudiants redoutent que l’afflux massif ne rende l’accès au repas à un euro difficile. Les files d’attente devant les Crous pourraient s’allonger dès la mise en place de la mesure.

Un étudiant témoigne ainsi de la situation déjà tendue. « Ça fait un gain de pouvoir d’achat intéressant”. Un autre ajoute : “Le Crous est déjà assez saturé. On voit la queue qui va jusque dans la rue. Donc c’est soit on fait plus de Crous dans Paris soit non”

Le personnel des Crous s’inquiète aussi des conséquences de cette mesure sur leur travail quotidien. Un salarié s’exprime sous couvert d’anonymat pour exprimer ses réserves. “Le Crous est déjà très endetté. Un plateau-repas ça revient à 12 ou 13 euros à faire. S’il est vendu à 1 euro ou 3,30 euros, on ne s’en sort pas”.

Philippe Baptiste le reconnaît. “C’est un coût budgétaire qui est significatif. Ça représente 80 millions d’euros par an qu’on va mettre en plus pour rendre cette mesure possible. Ça va être une grosse charge de travail en plus pour les Crous et on les accompagnera”, dit-il.

Le sociologue Olivier Galland apporte un éclairage critique sur le ciblage de cette mesure généreuse. Il estime qu’il « y a environ 10% des étudiants qui sont dans cette situation de grande précarité. Ce n’est pas cette mesure générale qui va résoudre leur problème”.

Les conséquences pratiques de cette mesure généreuse restent donc entourées d’incertitudes pour le moment.